APRÈS AVOIR VOULU LE CONDAMNER POUR HAUTE TRAHISON, LE PDG S’INCLINE AUJOURD’HUI SUR LA TOMBE D’ANDRÉ MBA OBAME
En 2011, le pouvoir dominé par le PDG n’a pas honoré André Mba Obame. Il a cherché à le briser. Le 5 mai 2011, l’Assemblée nationale vote la levée de son immunité parlementaire. 73 voix pour.
L'objectif était d'ouvrir la voie à des poursuites pour haute trahison contre un homme dont le seul crime était d’avoir défié le système et porté un combat pour la liberté du Gabon. André Mba Obame n’était pas un adversaire politique ordinaire. Il a été une victime politique. Une victime d’un système qu’il connaissait, qu’il a contesté, et qui a voulu le faire taire par des moyens institutionnels.
Et aujourd’hui ?
Les mêmes qui ont validé ce processus viennent s’incliner devant sa tombe. Non. Ce n’est pas de la mémoire.
Ce n’est pas de la réconciliation. C’est autre chose. C’est une tentative de récupération politique sur le dos d’une victime.
La phrase de Bilie-By-Nze prend alors tout son sens, "Le PDG au pouvoir ne compte pas passer le relais. "
Non seulement il ne passe pas le relais, mais il semble désormais vouloir se servir de ses victimes pour se racheter une virginité politique.
Car enfin, comment comprendre cette scène ?
Comment peut-on vouloir faire juger un homme pour haute trahison, puis quelques années plus tard venir se recueillir devant sa tombe comme si rien ne s’était passé ? Pour beaucoup de Gabonais, ce geste n’est pas un hommage. C’est une violence symbolique.
Une manière de récupérer l’image d’un homme qu’on n’a jamais respecté de son vivant. Une manière d’effacer le combat qu’il a mené.
Une manière de réécrire l’histoire. Mais la mémoire collective, elle, ne s’efface pas aussi facilement. André Mba Obame n’était plus des leurs. Et aujourd’hui, ils ne peuvent pas faire comme s’il l’avait encore été.