CAMBRIOLAGE AUDACIEUX AU PALAIS DE JUSTICE DE PORT-GENTIL : PLUS D’UN MILLION DE FRANCS DÉROBÉ
Une nuit noire de mars 2026 a été marquée par un acte inédit à Port-Gentil. Récemment dans la nuit, le palais de justice de la capitale économique du Gabon a été la cible d’un cambriolage audacieux. La nouvelle a rapidement alerté les plus hautes autorités judiciaires, amenant le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits de l’Homme, Augustin Emane, à se rendre sur place pour constater l’ampleur des dégâts.
Un butin conséquent et des dégâts matériels notables
Selon les premières constatations, les intrus ont défoncé pas moins de sept portes, dont celle du greffe commercial. « Les malfaiteurs ont emporté un montant total de un million trois cent mille francs », a précisé Rodrigue Ondo Mfoumou, procureur près le tribunal de première instance. Les fonds appartenaient, semble-t-il, à une agente désignée comme « mère de tontine » et conservés dans son bureau.
La salle des pièces à conviction a également été visitée, bien que l’inventaire des pertes n’ait pas encore été finalisé. Ce modus operandi révèle une planification minutieuse. Les cambrioleurs ont pris soin de neutraliser le système électrique afin d’échapper aux caméras de surveillance, signe d’une action orchestrée avec précision.
Une intrusion facilitée : complicité ou négligence ?
Les circonstances de l’effraction interrogent fortement les autorités. Aucune trace d’effraction n’a été relevée au niveau de l’entrée principale, ce qui suggère que les malfaiteurs ont pu circuler à l’intérieur du bâtiment sans rencontrer de résistance, comme s’ils visitaient un lieu public.
Le parquet n’écarte pas l’hypothèse d’une complicité interne ou d’une absence de vigilance du gardien, pourtant en poste ce soir-là. Celui-ci affirme n’avoir rien remarqué d’anormal à son retour dimanche matin, mais cette version ne fait que renforcer les questionnements sur la sécurisation du palais.
La sécurité des institutions à nouveau en question
Depuis les événements politiques de 1990 et 1996, le tribunal de Port-Gentil n’avait jamais connu de tels actes de vandalisme. Or, depuis deux mois, la surveillance avait été confiée à un gardien gabonais, remplaçant un agent ouest-africain précédemment en service. Jusqu’ici, les services de ce dernier n’avaient jamais suscité de doutes.
Cet incident relance donc le débat sur la protection des institutions judiciaires et sur la pertinence de confier la garde de sites sensibles à des civils. Le palais de justice avait, par le passé, sollicité des renforts qualifiés auprès de la prison centrale, mais la pénurie de personnel a empêché toute réponse concrète. À Libreville, les effectifs disponibles sont suffisants, mais beaucoup d’agents préfèrent y travailler, laissant les provinces dans une relative vulnérabilité.
Renforcement du dispositif sécuritaire
Face à ces failles, le ministre Augustin Emane a fermement rappelé qu’il était inacceptable qu’un civil assure seul la sécurité d’une institution stratégique. La protection du palais de justice est un enjeu crucial, tant pour l’autorité de l’État que pour la sécurité des usagers et la crédibilité de la justice.
Des mesures immédiates ont été annoncées. Le dispositif de sécurité du tribunal sera désormais renforcé par la sécurité pénitentiaire, sous la tutelle directe du ministère de la Justice. Une partie des agents récemment affectés à la prison centrale de Port-Gentil sera mobilisée pour veiller à la sécurité du palais de justice. L’objectif affiché est de restaurer la quiétude dans les couloirs du tribunal et prévenir toute pression extérieure susceptible d’entraver le bon déroulement des procédures judiciaires.
Une enquête en cours
Le ou les auteurs de ce cambriolage ont été rapidement identifiés et mis à la disposition de la Direction générale de la Recherche (DGR) pour permettre aux enquêteurs de faire toute la lumière sur cette affaire. La priorité reste de comprendre comment un acte d’une telle audace a pu se produire et de tirer les leçons nécessaires pour éviter toute récidive.
Volonté ferme de renforcer la protection des tribunaux
Ce cambriolage rappelle que la sécurité des institutions publiques est un enjeu stratégique qui ne peut souffrir de relâchement. Les initiatives du ministère de la Justice témoignent d’une volonté ferme de renforcer la protection des tribunaux, tant pour assurer le bon fonctionnement de la justice que pour garantir la confiance des citoyens dans les institutions de l’État.
Avec la mise en place du nouveau dispositif sécuritaire, l’espoir est que le palais de justice de Port-Gentil retrouve rapidement son calme et que la population puisse continuer à percevoir la justice comme un pilier fiable et respecté.