tvplusafrique

Société

RÉHABILITATION DE LA NATIONALE 1, UNE PRIORITÉ OU UNE ILLUSION ?

RÉHABILITATION DE LA NATIONALE 1, UNE PRIORITÉ OU UNE ILLUSION ?
Réhabilitation de la Nationale 1 : un défi économique crucial pour le Gabon en 2026.

Depuis belle lurette, le projet de réhabilitation de la Nationale 1 est au cœur des préoccupations des Gabonais. Cette route, qui traverse le pays du nord au sud, est le véritable poumon économique du Gabon. Pourtant, malgré les annonces répétées et les promesses des autorités, la situation reste inchangée. Aujourd’hui, la question qui brûle les lèvres de tous. La réhabilitation de la Nationale 1 est-elle une priorité ou une simple illusion ?


La Nationale 1, artère vitale du Gabon


La Nationale 1, longue de 800 kilomètres, est l’axe principal reliant Libreville à la province de l’Estuaire, mais aussi aux régions intérieures et au Congo voisin. Elle constitue le principal corridor économique du pays, en particulier pour les échanges commerciaux, le transport des denrées alimentaires et des matières premières. Dans de nombreuses régions, elle est le seul moyen de communication viable.


Mais, depuis plusieurs années, son état se dégrade à vue d'œil. Les routes sont défoncées, les ponts sont vétustes et des sections entières deviennent impraticables pendant la saison des pluies. Les usagers, qu’ils soient transporteurs, commerçants ou simples citoyens, ne cessent de déplorer l’inaction des autorités face à cette situation dramatique.


Les promesses sans lendemain


Les projets de réhabilitation de la Nationale 1 sont devenus un véritable serpent de mer. On parle de la réfection de cette route depuis des années, voire des décennies. En 2015, le gouvernement annonçait fièrement que les travaux débuteraient en 2016, avec une échéance prévue pour 2020. Nous sommes en 2026 et la situation reste quasiment inchangée.


Plusieurs articles de presse gabonaises rappellent régulièrement que les travaux n’ont jamais été achevés. En 2019, le ministre des Infrastructures et des Travaux publics, Jean-Pierre Oyiba, avait évoqué un financement de 200 milliards de francs CFA pour la réhabilitation de certaines sections de la route. Pourtant, les populations continuent de souffrir du retard accumulé.


Les entreprises locales, mais aussi les investisseurs étrangers, sont de plus en plus sceptiques quant à l'engagement réel du gouvernement. La question des financements et des partenariats publics-privés se pose avec insistance. À ce jour, aucune entreprise n’a encore vu la couleur des contrats pour la réhabilitation complète de cette route.


Un défi pour les investisseurs et les autorités


Il n’est un secret pour personne que la réhabilitation de la Nationale 1 représente un défi colossal. Selon le ministère des Infrastructures, il est estimé qu’une somme avoisinant les 400 milliards de francs CFA serait nécessaire pour effectuer les travaux de réhabilitation sur l’ensemble du tronçon. Pourtant, malgré les montants annoncés, les contrats semblent se faire attendre et les entreprises locales peinent à obtenir des garanties.


Cela freine non seulement les projets d’investissements dans les zones touchées, mais compromet également le développement économique du pays. Pour les Gabonais, cela devient un véritable casse-tête. Sans infrastructures de qualité, comment espérer attirer des investisseurs étrangers dans des secteurs stratégiques comme le tourisme ou l’agriculture, qui dépendent grandement de la fluidité du transport routier ?


La réalité des usagers : Une situation insupportable


Les témoignages d’usagers de la route sont accablants. De nombreuses sections sont tellement abîmées que les automobilistes sont contraints de faire des détours interminables. Des accidents sont fréquents, particulièrement durant la saison des pluies, lorsque des nids-de-poule géants se transforment en véritables pièges mortels. Il est difficile de croire que cette route, qui devrait être un symbole de progrès, soit devenue une menace pour les Gabonais.


« La route est un vrai calvaire. Chaque jour, on risque notre vie », témoigne un chauffeur de transport en commun basé à Libreville. « Les pouvoirs publics parlent de réhabilitation depuis des années, mais tout reste dans les tiroirs. »


Les conséquences de cette inaction sont également sociales et économiques. Le coût élevé des transports, la lenteur des échanges commerciaux et les difficultés pour les populations rurales d’accéder aux centres urbains accentuent les inégalités sociales et le développement déséquilibré du pays.


L’urgence d’agir


Il est désormais évident que la réhabilitation de la Nationale 1 n’est plus une option mais une nécessité impérieuse. Le gouvernement gabonais doit impérativement revoir sa stratégie et ses engagements, en collaboration avec les investisseurs étrangers, afin de concrétiser ce projet. Des études sérieuses et transparentes doivent être menées, et les financements doivent être garantis.


Il est également important que les autorités écoutent davantage les usagers de cette route, car ce sont eux qui subissent les conséquences de l’inaction gouvernementale. Les Gabonais méritent mieux que des promesses non tenues.


La réhabilitation de la Nationale 1 est, au fond, une question de développement national. Si le gouvernement continue de faire de cette question un serpent de mer, cela pourrait avoir des conséquences dramatiques sur l’économie et le moral des Gabonais. Le temps n’est plus aux discours. Il est temps d’agir. Il en va du futur économique du pays. 


 


 


 

Par Pamphil

Top Articles