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VISITES MÉDICALES ,SIMPLE FORMALITÉ OU VÉRITABLE CONTRÔLE DE SANTÉ ?

VISITES MÉDICALES ,SIMPLE FORMALITÉ OU VÉRITABLE CONTRÔLE DE SANTÉ ?
Malgré leur existence, les visites médicales restent souvent limitées à des contrôles de base

La publication du nouveau calendrier de passage des visites médicales relance le débat sur l’efficacité réelle de ces examens. Entre témoignages d’anciens élèves et constats actuels sur le terrain, une préoccupation majeure se dégage. La santé des candidats est-elle suffisamment prise en compte avant les épreuves, notamment sportives ? Une chose est sûre, pour les intervenants interrogés ce lundi 23 février 2023, renforcer et systématiser les examens médicaux avant les épreuves est une nécessité, non une option.


Trop superficielles pour détecter les anomalies ?


Malgré leur existence, les visites médicales restent souvent limitées à des contrôles de base. Poids, taille, tension et un bref entretien. Elles ne permettent pas toujours de détecter des pathologies plus graves ou silencieuses.


« Les visites médicales avant les examens existent, mais elles restent trop superficielles », déplore Ndemangwa, ancien Lycéen. « On se limite souvent à prendre le poids, mesurer la tension et faire un bref entretien. Mais certaines pathologies, comme les problèmes cardiaques ou respiratoires, passent totalement inaperçues. »


Junior ajoute, « même quand on passe à l’Hygiène scolaire, c’est rapide. On nous fait juste quelques mesures de base et on nous remet un document. Personne ne vérifie vraiment si tu peux supporter un effort physique intense. »


Helen confirme, « l’an dernier, la consultation médicale était efficace pour les formalités, mais elle n’a rien détecté de plus grave. Si un élève avait un problème latent, il ne serait pas repéré avant l’épreuve d’EPS. »


Pour Ndemangwa, « si on compare aux sportifs professionnels, c’est incomparable. Là-bas, avant de signer, un joueur passe des examens complets pour vérifier son aptitude. Nous, on fait juste semblant de vérifier. C’est plus administratif que préventif. »


« À notre époque, on nous examinait avant les épreuves »


 Ndemangwa se souvient d’un système plus rigoureux. Selon lui, avant les examens en classe de troisième comme en terminale, les chefs d’établissement organisaient systématiquement des visites médicales.


« Avant de passer les épreuves, surtout les épreuves sportives, il fallait qu’on nous examine d’abord », explique-t-il. L’objectif était clair, détecter d’éventuelles pathologies et éviter les malaises pendant les examens.


Il déplore qu’aujourd’hui, certains élèves s’effondrent en pleine épreuve et que des problèmes de santé soient découverts trop tard, parfois à l’hôpital. « Si l’enfant avait passé une visite médicale avant l’examen, on aurait su », insiste-t-il.


Pour lui, cette étape est cruciale, notamment pour les épreuves physiques. Un élève déclaré inapte par un médecin ne devrait pas participer aux épreuves sportives. À défaut, la responsabilité peut injustement retomber sur les enseignants d’EPS.


Pour Ndemangwa, les examens scolaires s’apparentent à une compétition. Il compare la situation au football professionnel, avant de signer dans un club, un joueur passe systématiquement une batterie d’examens médicaux afin de vérifier son aptitude.


« C’est ce que nous devons aussi faire. C’est une forme de compétition », martèle-t-il.


Une priorité donnée au paiement. 


Sur le terrain, certains candidats évoquent une organisation différente de celle annoncée officiellement.


Junior, élève du secondaire, affirme avoir été bien accueilli lors de son passage à l’Hygiène scolaire. Toutefois, il précise que la priorité était donnée au paiement des frais, les examens médicaux étant annoncés pour plus tard. « On nous a expliqué que la priorité, ce n’était pas de faire les examens, mais d’avoir les reçus », témoigne-t-il.


Même constat du côté de Nesta, présente pour l’enregistrement des candidats libres au BEPC. Arrivée sur les lieux, elle apprend que, pour le moment, les candidats doivent uniquement s’acquitter des frais. Les consultations médicales seraient annoncées ultérieurement.


De son côté, Helen, candidate libre, explique que les frais sont passés de 1 000 francs l’année dernière à 3 000 francs cette année, une augmentation liée à son statut actuel. Elle précise toutefois qu’en 2022, une consultation médicale effective avait bien eu lieu. Prise de poids, mesure de la tension artérielle, appel par ordre alphabétique, puis remise d’un document médical à déposer à l’établissement.


Un calendrier 2026 plus structuré.


Cette année, le calendrier fixé par le Secrétariat général de l’Éducation nationale apporte une réponse concrète aux préoccupations soulevées par les candidats et encadreurs. La planification distingue clairement les phases de recouvrement (paiement) et de consultation médicale, afin d’éviter toute confusion et de garantir un contrôle sanitaire effectif avant les épreuves d’EPS.


Pour les examens du BEPC, du CEP, du CAP (industriel et commercial) ainsi que du BEP industriel, les opérations de recouvrement et de consultation sont programmées entre février et avril 2026, selon les ordres d’enseignement.


Au-delà des formalités administratives, ces témoignages rappellent une évidence. La réussite scolaire ne peut se faire au détriment de la santé des élèves. La visite médicale ne devrait pas être perçue comme une simple formalité, mais comme un outil de prévention essentiel. L’objectif affiché est clair. S’assurer que chaque candidat est médicalement apte avant d’aborder les épreuves physiques et sportives (EPS), prévues, selon les examens, entre avril et mai 2026.


 

Par NZENGUE BOULENDE

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