DANS LA RUE AVEC UN ENFANT TRISOMIQUE
SOS, c’est le cri de détresse lancé par Eya Mira Carla, une mère de nationalité gabonaise, résidant dans le quartier Château Bangos. Elle vit avec sa fille de 7 ans, atteinte de trisomie 21, et raconte un quotidien devenu insoutenable, marqué par l’isolement et la stigmatisation. Dans un témoignage poignant, elle lance un appel à l’aide aux autorités et à toute personne de bonne volonté.
Un quotidien devenu un calvaire
Au quartier Château Bangos, la vie d’Eya Mira Carla s’est transformée depuis la naissance de sa fille. Selon elle, les regards, les moqueries et les propos blessants se sont multipliés au fil des années.
« Depuis un moment, depuis le mois de septembre, nous vivons un calvaire. Surtout elle en fait, parce que ça traumatise les enfants. Je ne sais pas ce que les gens ont contre les enfants qui ont la trisomie 21 », confie-t-elle avec émotion.
La jeune mère évoque un climat d’hostilité permanent qui affecte autant son équilibre que celui de sa fille. « Et ce n’est pas pour rien que j’ai entendu que ces enfants, dès qu’ils ont un choc, soit ils ne parlent plus, soit ils deviennent aveugles. Et j’ai compris que ce sont les gens de mauvaise foi qui rendent ces enfants-là aveugles. »
Eya Mira Carla explique avoir vécu des situations extrêmes. « Donc, on a failli la rendre aveugle. Comme je vous ai dit, après la disparition de son oncle, quelques jours après, ils ont failli partir. Mais si je n’avais pas dû avec moi pour prier, je vous assure que mon enfant serait devenu aveugle. »
La mère souligne la gravité de la situation. « Je vais aujourd’hui demander de l’aide aux autorités pour la protection et le bien-être de ces enfants »
À la belle étoile : une mère et sa fille en détresse
Privée de logement, Eya Mira Carla raconte la précarité dans laquelle elle vit. « Parce que là, elle est carrément à la belle étoile. Si cette nuit passe encore, on va se dire que dès ce soir-là même, nous sommes à la belle étoile »
La jeune femme précise que sa fille refuse de rester dans le logement actuel, traumatisée par les agressions qu’elles ont subies. « Et là où je suis partie, on m’a mise dehors. Et l’enfant ne veut plus vivre ici par rapport à ce qu’elle a vécu », explique-t-elle.
Elle décrit également des nuisances chimiques et olfactives qui ont rendu la situation encore plus difficile. « Enfin, j’ai encaissé des odeurs toxiques. Des odeurs toxiques qu’on vient me verser autour de là où je dors »
Isolement et responsabilité assumée seule
Sans soutien moral ni matériel, Eya Mira Carla assure seule l’éducation et le bien-être de sa fille. Sans emploi ni revenu stable, elle doit faire face à de sérieuses difficultés financières, souvent jusqu’à la tombée de la nuit.
« L’angoisse ne me quitte pas. Je vis dans la crainte permanente pour la sécurité de mon enfant, veillant parfois jusqu’à l’aube », confie-t-elle.
Le sentiment d’injustice est renforcé par les accusations et la stigmatisation de son entourage : « Mais je ne sais pas ce que les gens ont pour penser que ce sont des enfants démons, ce sont des enfants sorciers. Même quand ça avait commencé, c’est celle-là que je sais qui était plus haut là qui disait on ne veut pas des enfants, des jeunes qui viennent nous avaler »
Elle raconte des confrontations avec son propriétaire et des voisins. « Et j’ai encore entendu avec mon propriétaire, tu veux aussi m’avaler. Sans compter que quand les gens se battent ici là, quand il y a des bagarres, quand il y a des problèmes, c’est mon enfant qui est à l’origine »
Pour Eya Mira Carla, il est primordial que sa fille grandisse libre et respectée. « Moi j’ai toujours mis ma fille en liberté. Moi j’ai toujours voulu que ma fille soit libre, s’allier partout où je vais et voir le monde. Pas l’emprisonner, plus l’enfoncer même. Parce que ce sont des enfants qui ont déjà des problèmes au niveau du cerveau »
Les dangers de l’hostilité sur les enfants trisomiques
La mère met en garde contre les effets de l’hostilité sur les enfants porteurs de trisomie. « Les odo-toxiques, en fait tout ce qui est mauvais. C’est dangereux pour des enfants qui ont déjà des problèmes psychologiques. Il faut encore plus en rajouter. Je dis non, je dis non, il faudrait que ça cesse »
Elle insiste sur l’humanité et la dignité de ces enfants. « Ce sont des êtres humains comme nous. Ils n’ont pas demandé à venir au monde. Parce que moi, mon enfant, j’avais dit je ne vais pas l’abandonner, je ne vais pas la rejeter. J’entendrai, mais si je veux la protéger, au contraire, je vais la protéger. C’est ce que je fais »
Son appel à l’aide est direct et sincère. « Je vous demande de l’aide, Monsieur le Président. Merci encore aux hommes de bonne foi. Parce que les gens qui sont touchés par mon message, voyez la situation que je vis avec cette petite. Que vous venez en aide. Si c’est pour un toit, si c’est pour autre chose, venez nous en aide. Et que Dieu vous bénisse par rapport à l’aide que vous avez posée »
Un appel à la solidarité
Aujourd’hui, Eya Mira Carla cherche un refuge, un soutien et une écoute pour elle et sa fille. Elle lance un appel aux autorités, aux services sociaux et aux bonnes volontés. « Venez nous en aide. Que ce soit pour un toit ou pour autre chose »
La jeune mère souhaite offrir à sa fille un cadre de vie stable et sécurisé, indispensable pour son développement et son bien-être.
Comprendre la trisomie 21
Pour rappel, la trisomie 21 est une anomalie génétique caractérisée par la présence d’un chromosome supplémentaire sur la 21e paire. Elle n’est ni une maladie contagieuse, ni le résultat d’une faute parentale.
Malgré cette précision scientifique, les enfants atteints de trisomie sont souvent victimes de discrimination et de stigmatisation. Le témoignage d’Eya Mira Carla illustre combien l’incompréhension sociale peut aggraver la souffrance des familles concernées.
Au-delà d’une histoire individuelle
Ce récit dépasse le simple témoignage individuel. Il relance la réflexion sur l’inclusion des personnes vivant avec un handicap, la sensibilisation des communautés et la protection de ces enfants vulnérables.
« Un appel à la solidarité face à la stigmatisation pour que différence ne rime plus avec exclusion », insiste un expert en accompagnement social. L’histoire d’Eya Mira Carla montre l’urgence de soutenir les familles et de promouvoir une culture de respect et de bienveillance.
Les défis de l’inclusion sociale
L’inclusion des enfants atteints de trisomie 21 passe par plusieurs axes : éducation adaptée, soutien psychologique, accompagnement familial et sensibilisation de l’entourage. Le manque de structures et de dispositifs sociaux rend la tâche des parents particulièrement difficile.
Eya Mira Carla est un exemple poignant de ces défis. « Sans emploi, sans soutien et sans protection, je fais face seule aux difficultés de chaque jour. Mais je ne céderai pas, je veux que ma fille vive dignement », affirme-t-elle.
L’urgence d’un soutien concret
Face à l’extrême précarité de cette famille, l’urgence est d’apporter un soutien concret. Hébergement, assistance financière, accompagnement psychologique et protection contre les abus.
« Chaque jour qui passe sans aide est un jour de souffrance pour mon enfant. Nous avons besoin d’un toit, de sécurité et d’amour », insiste Eya Mira Carla.
Repenser la manière dont la société perçoit cette maladie
Le récit d’Eya Mira Carla est un appel à la prise de conscience collective. Il souligne la nécessité de repenser la manière dont la société perçoit les personnes différentes et la responsabilité de chacun pour assurer leur dignité et leur bien-être.
Les autorités, les ONG et les citoyens sont invités à réfléchir sur des solutions durables, afin que les enfants trisomiques puissent vivre sans peur et s’épanouir pleinement.
La vulnérabilité des familles confrontées à la stigmatisation
Le cri de détresse d’Eya Mira Carla n’est pas isolé. Il illustre la vulnérabilité de nombreuses familles confrontées à la stigmatisation et à l’exclusion. L’histoire de cette mère et de sa fille de 7 ans rappelle que chaque enfant mérite un environnement sûr et aimant, indépendamment de sa condition génétique.
« Je demande seulement de l’aide pour ma fille. Qu’elle ait un toit, qu’elle puisse vivre en sécurité et être heureuse », conclut Eya Mira Carla, un appel qui résonne bien au-delà des murs du quartier Château Bangos.