DÉRIVES DES CONTENUS ET INQUIÉTUDES CROISSANTES
Le débat autour des réseaux sociaux continue de diviser l’opinion publique. Entre liberté d’expression, protection des valeurs sociales et lutte contre la désinformation, plusieurs citoyens rencontrés ce jour ont exprimé leurs préoccupations face à des contenus jugés excessifs, nuisibles ou susceptibles d’alimenter les tensions sociales.
Le contenu actuel des réseaux sociaux laisse à désirer.
Retraité et ancien agent de la CNSS, Mintsa estime que les réseaux sociaux ont progressivement perdu leur cadre initial d’échange constructif.
« Au début, ce n’était pas mauvais. Les gens pouvaient venir donner leurs idées. »
Mais aujourd’hui, constate-t-il :
« Franchement, quand on regarde le contenu des réseaux sociaux actuellement, ce n’est pas bon. Ça commence à aller vraiment dans tous les sens. On voit des gens qui viennent insulter les autres, raconter des choses pour pousser la population à la révolte. »
Informaticien de formation, il se dit convaincu que des mécanismes techniques peuvent être mis en place pour encadrer les publications.
« Je sais que c’est faisable. On peut poser des jalons, essayer de voir comment contrôler ce qui entre et ce que les gens déposent sur les réseaux sociaux. »
Il plaide également pour des sanctions ciblées :
« À mon avis, il faudrait commencer à sanctionner. Quand on aura sanctionné deux, trois, quatre personnes, peut-être que ça pourra baisser. »
La protection des mineurs en question.
Mintsa se montre particulièrement critique envers certains contenus diffusés sur TikTok.
« Quand vous allez dans TikTok, qu’est-ce que vous trouvez là-dedans ? Il y a des scènes pornographiques. C’est vraiment du n’importe quoi. »
Pour protéger ses enfants, il utilise Google Family Link :
« J’ai été obligé de contrôler à partir de Family Link. Ça me permet de gérer les téléphones de mes enfants. Ils peuvent faire des recherches dans Google, mais ils ne peuvent pas aller dans TikTok, Facebook et autres. »
Un problème d’éducation et de respect.
Pour Endome Eric, les dérives constatées traduisent un problème d’éducation et de respect.
« Tu ne peux pas prendre ton téléphone, aller jusqu’à mal parler des autorités. Déjà, ce n’est pas bien. »
Il estime que certaines plateformes influencent négativement les jeunes.
« Ça gaspille la jeunesse pour moi. Il n’y a qu’à laisser WhatsApp, on enlève TikTok. C’est TikTok là qui gaspille tout. »
Selon lui, les insultes et les attaques répétées créent des tensions inutiles :
« Quelqu’un se lève un bon matin, il insulte nos parents. L’autre se lève, il insulte l’autre. On ne sait pas à quel point on marque les autres. On veut la paix ? Voilà. »
Le discernement s’impose dans nos publications en ligne.
De son côté, Obiang Lilian adopte une position nuancée. Il reconnaît l’utilité des réseaux sociaux, notamment pour maintenir les liens familiaux.
« Dans les réseaux sociaux, s’il faut parler avec un parent qui est loin de toi, que vous avez gardé souvenir, ça c’est un autre cas.»
Mais il dénonce fermement la déformation de l’information et les atteintes à la réputation.
« L’effet de déformation de l’information, c’est ce qui n’est pas bon. Gaspiller le nom des gens, c’est ce qui crée la révolte. »
Pour lui, il ne s’agit pas d’interdire la parole, mais d’en fixer les limites.
« On n’interdit pas les gens de parler, de donner leur point de vue. Mais aller au-delà de ça, c’est ce qui n’est pas bon. Donc, on doit sanctionner ce qui doit être sanctionné. »
Un débat toujours ouvert.
À travers ces différentes voix, une tendance se dégage : la volonté de préserver la liberté d’expression tout en limitant les abus, les fausses informations et les contenus jugés dangereux pour la cohésion sociale.
Reste désormais à trouver l’équilibre entre régulation, responsabilité individuelle et protection des droits fondamentaux dans l’espace numérique.