VILLE PROPRE, EFFORT PARTAGÉ ?
Dans un communiqué rendu public récemment, la municipalité de Libreville a invité les opérateurs économiques, les responsables d’organisations publiques et privées, ainsi que les populations résidant le long des principaux axes du Grand Libreville, à procéder à l’embellissement de leurs bâtiments situés en bordure des voies principales. Cette mesure, précise le communiqué, s’impose sous peine de sanctions prévues par la loi.
Cette annonce n’a pas laissé les Gabonais indifférents. Elle a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique. Si certains saluent une initiative visant à améliorer l’image de la capitale et à renforcer l’attractivité urbaine, d’autres appellent les autorités à accompagner cette décision par des mesures d’appui, notamment financier et technique, afin de permettre aux plus modestes de se conformer à la réglementation.
Discipline et sanctions pour encourager le civisme.
La responsabilité individuelle est ici sollicitée , Paul Nzomba pense qu’ : « Il faut que ça soit propre aux alentours de là où nous habitons. » Pour lui, la population doit accompagner l’action municipale : « Pour aider au moins la mairie à bien faire leur travail. » Se montrant ainsi favorable à des sanctions en cas de négligence : « Si chez toi, tu n’as pas nettoyé, ce n’est pas propre, on vient, on donne des amendes. » Selon lui, cela encouragerait un changement de mentalité : « Il faut qu’on change. »
Rappelant les pratiques d’autrefois, il affirme : « Avant, dans nos villages, on nettoyait nos milieux aux alentours de nos maisons. C’était toujours propre. » Et il conclut avec optimisme : « Comme ici, on peut le faire. »
Pour Armel la décision municipale est bénéfique : « Je trouve que c’est un plus, d’abord pour la population. » Selon lui, l’implication cette décision montre que « le peuple doit être un peu plus clean, donc propre ». Il insiste sur l’image de la ville : « La vie doit être propre. »
Entre responsabilité citoyenne et appel au soutien de l’État.
Se prononçant sur l’initiative de l’autorité municipale visant à encourager la population à nettoyer et peindre les abords de leurs maisons, Mme MBA estime que « c’est une bonne chose, c’est faire rendre la ville propre ». Elle explique que les habitants s’organisent déjà : « On nettoie chaque mois, une fois par mois, on paye 15 000 francs. »
Cependant, elle appelle à un accompagnement des autorités : « Nous voulons aussi l’apport de l’État. » Elle précise que, si l’État exige des efforts, il devrait également soutenir la population : « Par exemple pour la peinture, quand l’État décide de faire ça, il nous amène au moins les trucs de peinture. » Elle ajoute que sans aide, il serait difficile d’assumer davantage de charges : « Si on vient encore nous taxer, nous allons rester à la maison. » Pour elle, l’embellissement est positif, mais doit être partagé : « Que l’État nous aide aussi… on arrange pour que la ville soit propre, c’est une bonne chose. »
Dans le même esprit, M. MBA insiste sur la responsabilité première des pouvoirs publics. « C’est le rôle de l’État », affirme-t-il d’emblée. Prenant son propre exemple, il explique : « Là vous êtes devant chez moi. Chaque mois je nettoie ici. » Selon lui, l’entretien urbain relève d’abord des autorités municipales : « L’État c’est qui ? C’est la mairie, tout ce monde-là. Il y a un budget qui est pour ça. »
Il souligne l’effort financier qu’il consent personnellement : « Moi je dépense 15 000 francs chaque mois pour l’embellissement. Donc nous voulons l’apport de l’État et c’est le rôle de l’État. »
S’interrogeant sur les sanction encourues par tout contrevenant à cette décision, il questionne : « Quand vous voulez parler des taxes et tout ça là, quel apport que l’État nous apporte ? C’est ça ma question. » Puis il critique d’un ton ferme les mauvaises pratiques de certains agents municipaux : « Ils sont forts seulement pour aller requêter les gens… Ils arrivent dans les cafétérias. L’argent ne rentre même pas dans les caisses du trésor. Ça il faut être honnête. »
En conclusion, son message rejoint celui de Mme MBA : « Dites à l’État de nous apporter l’apport. Nous voulons l’aide de l’État. »
À travers ces témoignages, un consensus se dessine : la propreté de la ville est perçue comme une responsabilité collective. Si les habitants se disent prêts à s’impliquer, ils souhaitent néanmoins un accompagnement concret des autorités pour faire de cette ambition une réalité durable.