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VIOLS ET ABUS SEXUELS

VIOLS ET ABUS SEXUELS
Violences sexuelles et abus dans les temples des guérisseurs, traditipraticiens: enquêtes et prévention

Au Gabon, la pratique de la médecine traditionnelle et des rituels des guérisseurs occupe une place centrale dans la vie spirituelle et sociale de nombreuses communautés. Les tradipraticiens et les ngangas sont considérés comme des figures d’autorité, capables de guérir les maladies physiques et spirituelles, d’éloigner les mauvais esprits et de protéger les familles. Pourtant, derrière cette apparence de bienveillance, plusieurs témoignages et enquêtes révèlent un phénomène inquiétant , celui des violences sexuelles et agressions sexuelles commises dans le cadre de ces temples et rituels.


Le rôle des tradipraticiens et des ngangas


Les tradipraticiens gabonais et les ngangas occupent un rôle ambigu. D’un côté, ils sont des guérisseurs et des guides spirituels respectés. Et de l’autre, leur autorité et le secret entourant leurs pratiques peuvent créer un environnement propice aux abus.


Les ngangas, en particulier, sont perçus comme des intermédiaires entre le monde des esprits et celui des vivants. Ils utilisent des rituels complexes, des herbes médicinales et parfois des cérémonies initiatiques qui impliquent les membres de la communauté ou des disciples. Cette position de pouvoir leur confère un contrôle considérable sur leurs adeptes. Malheureusement, certains individus exploitent cette autorité pour commettre des actes de viol et d’abus sexuels, sous couvert de rites traditionnels.


Les mécanismes d’abus


Dans de nombreux cas rapportés, les abus sont justifiés par des rituels dits de purification ou d’initiation. Les victimes, souvent des femmes et parfois des enfants, sont persuadées que refuser la pratique pourrait provoquer le malheur, la maladie ou la mort de leurs proches.


Certaines pratiques consistent à demander à la victime de se dévêtir ou de participer à des cérémonies sexuelles « thérapeutiques », de se laisser frotter un mélage de liquide et de feuilles ou une poudre présentées comme essentielles pour obtenir la guérison ou la protection spirituelle. Ces situations exploitent la peur, la dépendance spirituelle et la confiance aveugle dans le pouvoir du tradipraticien.


Témoignages et études de cas


Plusieurs témoignages collectés par des associations locales et des médias montrent l’ampleur du problème. Des femmes racontent avoir été violées lors de séances de purification, tandis que des hommes et des enfants mentionnent des agressions sexuelles déguisées en pratiques rituelles.


Un cas documenté à Libreville a révélé qu’un nganga avait abusé de plusieurs femmes sur une période de cinq ans, en leur promettant protection et prospérité familiale. Les victimes, souvent victimes d’un lourd traumatisme, hésitent à porter plainte, de peur du stigmate social ou des représailles spirituelles.


Le silence autour des abus


Le phénomène reste largement tabou au Gabon. La croyance dans la puissance des ngangas et des tradipraticiens rend difficile la dénonciation. De nombreuses victimes craignent d’être accusées de manquer de foi ou de provoquer le courroux des esprits.


De plus, les communautés locales hésitent à s’impliquer, par respect pour les traditions et la peur de troubler l’ordre spirituel établi. Ce silence contribue à l’impunité des auteurs et à la normalisation des comportements abusifs.


Les conséquences pour les victimes


Les effets psychologiques des abus sont graves : anxiété, dépression, troubles du sommeil et sentiment de honte persistent longtemps après les faits. Les conséquences physiques peuvent aussi être importantes, surtout lorsqu’il s’agit d’abus sur des enfants ou des femmes vulnérables.


Au-delà de l’individu, ces abus fragilisent le tissu social et la confiance envers les pratiques traditionnelles. Les familles et les communautés qui découvrent ces violences se trouvent souvent déchirées entre loyauté culturelle et protection de leurs proches.


Initiatives et sensibilisation


Face à cette problématique, certaines associations gabonaises ont commencé à sensibiliser les communautés aux abus sexuels dans les temples. Elles organisent des ateliers éducatifs, distribuent des brochures sur le consentement et encouragent les victimes à se manifester.


Le gouvernement gabonais et les forces de l’ordre commencent également à reconnaître l’existence de ces crimes et à enquêter sur des cas de viols et d’agressions dans le cadre des pratiques traditionnelles. Cependant, la protection juridique reste complexe : il faut concilier le respect des croyances culturelles avec la lutte contre les violences sexuelles.


L’importance d’un encadrement légal et spirituel


Pour réduire ces abus, plusieurs experts suggèrent la création d’un cadre légal et éthique pour encadrer l’activité des tradipraticiens et ngangas. Cela pourrait inclure :




  • La formation obligatoire sur l’éthique et la protection des droits des patients.




  • L’enregistrement officiel des praticiens autorisés, avec contrôle de leurs méthodes.




  • La mise en place de mécanismes de signalement confidentiels pour les victimes.




Ces mesures visent à préserver la valeur culturelle de la médecine traditionnelle tout en protégeant les individus contre les violences sexuelles.


Une réalité préoccupante


Le phénomène des viols et abus sexuels dans les temples de tradipraticiens et des ngangas gabonais est une réalité préoccupante, souvent cachée derrière le voile du sacré et de la tradition. Il touche principalement les femmes et les enfants, et laisse des séquelles profondes sur les victimes et les communautés.


La sensibilisation, l’éducation et la réglementation peuvent aider à limiter ces violences, tout en respectant la richesse culturelle des pratiques traditionnelles. Il est essentiel de trouver un équilibre entre respect des croyances et protection des droits fondamentaux, afin que les temples et rituels restent des espaces de guérison et non de souffrance.


Port-Gentil le dernier cas en date


À Port-Gent il, le tradpraticien Claudel Bouassa Ndombi, placé en détention, est accusé de violations, torture et menaces de mort sur une mineure de 17 ans. La jeune fille, souffrant d'une addiction, avait été confiée à lui pour une cure de désintoxication. Selon elle, il a commet des violes répétées et des services, notamment des traitements à base d'ail et de piment. L'affaire soulève des questions sur les abus de certains praticiens traditionnels et la protection des mineurs.

Par Pamphil

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