LES PRIX EXPLOSENT PARTOUT
À Libreville, on le sent dans les marchés, les supermarchés et même dans les petites boutiques de quartier. Les prix flambent. Mais cette situation ne se limite pas à la capitale. Dans les chefs-lieux de province et même dans les départements reculés, les ménages gabonais ressentent la même pression. De Koulamoutou à Port-Gentil, en passant par Franceville, Makokou, Lambaréné, Oyem, Mouila ou Tchibanga, les familles peinent à boucler leurs fins de mois, étranglées par une valse infernale des étiquettes.
Les prix explosent partout : pas seulement à Libreville
À Libreville, le constat est quotidien : le panier de la ménagère a perdu de son pouvoir d’achat. Les produits de première nécessité, notamment le riz, l’huile, le sucre ou encore la farine, voient leur prix grimper mois après mois. Dans le quartier d’Akébé, une mère de famille confie. « Avant, je faisais mes courses pour 20 000 FCFA et aujourd’hui, je dépasse souvent 30 000 FCFA pour le même panier »
Mais la capitale n’est pas le seul théâtre de cette flambée. À Franceville, deuxième ville du pays, les prix des produits importés ont quasiment doublé en l’espace d’un an. Dans les marchés de la ville, le riz, les légumes et même le poisson local affichent des tarifs qui font grimacer les consommateurs. À Makokou, au cœur de l’Ogooué-Ivindo, les habitants voient leurs dépenses alimentaires atteindre parfois 70 % du budget familial, une proportion qui met en danger les autres besoins essentiels comme l’éducation et la santé.
Dans les provinces, la vie devient un casse-tête
À Koulamoutou, capitale de l’Ogooué-Lolo, les habitants racontent la même histoire. Les supermarchés locaux ont ajusté leurs tarifs à la hausse, et même les marchés de quartier subissent cette inflation. « Nous achetons moins pour dépenser autant », explique un commerçant. La situation est similaire à Lambaréné, sur les rives du fleuve Ogooué. Là, les denrées alimentaires importées sont rares et chères, et les produits locaux ne suffisent pas toujours à rassasier les familles.
À Oyem, dans le Woleu-Ntem, où l’agriculture devrait théoriquement aider à atténuer les prix, la réalité est différente. La mauvaise récolte de certaines denrées combinée à des coûts de transport élevés fait grimper les prix de manière exponentielle. Même les ménages habitués à consommer localement doivent revoir leur budget.
Port-Gentil : entre salaires élevés et prix stratosphériques
Port-Gentil, plaque tournante économique du pays grâce au secteur pétrolier, pourrait sembler à l’abri de cette inflation. Pourtant, la ville côtière connaît elle aussi une augmentation vertigineuse des prix. Les loyers flambent, les restaurants augmentent leurs tarifs, et les produits de consommation courante deviennent presque un luxe pour de nombreuses familles. Un travailleur du secteur pétrolier raconte : « Mon salaire est correct, mais il fond comme neige au soleil face aux prix des courses et des services »
Dans les départements moins industrialisés comme Mouila ou Tchibanga, le problème est encore plus aigu. Les habitants, dont les revenus sont souvent modestes, doivent consacrer l’essentiel de leur budget à la nourriture. La question se pose. Comment survivre quand les prix augmentent plus vite que les revenus ?
La valse des étiquettes : une danse sans fin
Partout au Gabon, les étiquettes semblent changer chaque semaine. Le phénomène touche aussi bien les marchés de quartier que les grandes surfaces. Les consommateurs dénoncent un manque de régulation et une augmentation constante des prix de base. Les professionnels du commerce expliquent que cette hausse est due à une combinaison de facteurs. Importations coûteuses, fluctuation du franc CFA, hausse du carburant et difficultés logistiques.
À Lambaréné, un commerçant admet. « Nous essayons de maintenir nos prix stables, mais le coût d’achat des produits augmente chaque semaine. Nous n’avons pas le choix » Cette situation met les ménages dans une position délicate, les obligeant à rationner leurs achats, à réduire les portions ou à se passer de certains produits essentiels.
Une charge financière qui pèse sur les familles
L’effet sur les foyers est palpable. Les familles doivent désormais choisir entre se nourrir correctement et payer d’autres dépenses importantes. À Mouila, une mère célibataire explique. « Je dois choisir si je remplis le réfrigérateur ou si je paie l’électricité et l’eau. Chaque mois, c’est un dilemme »
Les économistes locaux alertent sur le risque d’appauvrissement progressif des ménages. Selon eux, la situation pourrait se détériorer si aucune mesure n’est prise pour stabiliser les prix et soutenir les revenus des populations. Dans les provinces, où les alternatives économiques sont limitées, cette pression est d’autant plus ressentie.
Des solutions tentées, mais insuffisantes
Dans certaines villes comme Franceville ou Koulamoutou, des initiatives ont été lancées pour aider les familles à faire face à l’inflation. Cependant, ces mesures restent marginales et ne suffisent pas à compenser la hausse généralisée des prix.
À Makokou, certains tentent de sensibiliser les commerçants à la régulation des prix et à la solidarité avec les populations vulnérables. Mais face à la complexité des facteurs économiques et logistiques, le chemin reste long et semé d’embûches.
Libreville ou province : une souffrance partagée
Qu’on habite Libreville ou Oyem, Lambaréné ou Tchibanga, la réalité est la même. Les Gabonais subissent une pression financière constante. Les prix des denrées alimentaires explosent, les étiquettes changent tous les jours et les revenus stagnent. Même les villes riches en ressources ou en activité économique ne sont pas épargnées.
La question qui se pose désormais est lancinante. Le gouvernement, les autres autorités et le secteur privé trouveront-ils des solutions pour soulager les ménages, ou cette valse des prix deviendra-t-elle le quotidien de tous les Gabonais, de la capitale aux départements les plus reculés ?
Un futur incertain pour le pouvoir d’achat
Pour l’instant, les ménages jonglent avec un budget de plus en plus serré. À Port-Gentil comme à Koulamoutou, la vie chère n’est plus une exception, mais une norme. Le défi pour les familles est quotidien, et la résilience devient un mot d’ordre. La population attend des mesures concrètes pour stabiliser les prix, soutenir le revenu des travailleurs et assurer un accès équitable aux denrées de première nécessité.
Les Gabonais continuent à ressentir dans leur quotidien le poids écrasant de la vie chère, où chaque achat devient un choix difficile et où la lutte pour subvenir aux besoins essentiels reste une épreuve fatidique.
La situation des chômeurs est pire
Dans ce contexte de flambée des prix au Gabon, les chômeurs et les personnes sans emploi sont particulièrement vulnérables. Privés de revenus stables, ils voient leur pouvoir d’achat s’éroder rapidement, rendant l’accès aux produits de première nécessité encore plus difficile. Leur situation devient précaire, accentuant stress, pauvreté et dépendance aux aides familiales ou sociales. Alors que les prix grimpent dans tout le pays, y compris à Libreville et dans l’intérieur, ces populations risquent d’être les premières à souffrir, incapables de faire face à la valse des étiquettes et à l’inflation galopante.