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Société

LES MÉNAGES AU BORD DU GOUFFRE

LES MÉNAGES AU BORD DU GOUFFRE
Vie chère à Tchibanga : hausse des prix et difficultés des ménages

Dans le chef-lieu de la province de Nyanga, le climat social s’alourdit. En ce mois de février, le cri de détresse des populations face à la vie chère n’est plus une simple rumeur de marché, mais une réalité quotidienne étouffante qui paralyse les ménages. Les denrées alimentaires, en particulier, ont connu une hausse vertigineuse, plongeant les habitants dans l’inquiétude.


Depuis plusieurs mois, les habitants dénoncent une augmentation jugée injustifiée des prix des produits de première nécessité, que ce soit sur les étals du marché central ou dans les boutiques de quartier. Le constat est amer et récurrent.


Des prix qui étouffent les familles


Dans les ruelles de Tchibanga, les habitants peinent à joindre les deux bouts. “On ne peut pas sortir parce que même là où je suis, j’ai tenté de faire des petites courses, mais apparemment même la viande est hachée. Elle est à 2000, 2500. Mais on ne peut pas sortir comme ça”, confie un habitant exaspéré.


Les écarts de prix entre les commerçants sont également source de frustration. “Tu arrives là, par exemple, à Mangolou, la viande est hachée à 2500. Vous arrivez à une boutique qui est là-bas, la viande est hachée à 3000. Mais il faudrait bien qu’on puisse sanctionner ce genre de réacteurs économiques”, déplore-t-il.


Même les produits de base comme le sucre ou l’huile subissent une inflation rapide. “C’est le même cas, par exemple, du sucre au lait. Je le comprenais avant à 1500. Aujourd’hui, ça va partir à 1700. Et la bouteille d’huile qu’on payait à 1000 francs, ça passe pas partout aujourd’hui. En tant qu’homme, on paye la bouteille d’huile pratiquement 3 fois au quartier, 1000 fois, 500 000 francs. Et ça, vraiment, ce n’est pas le jeu”, poursuit-il, visiblement dépassé par la situation.


Des perceptions contrastées


Si certains habitants restent démotivés et craignent pour leur avenir, d’autres estiment que les prix sont encore abordables. “Les prix sont abordables. Et c’est grâce à nos Libanais. C’est là où nous prenons la marchandise. Si les prix là-bas sont élevés, nous sommes obligés d’élever les prix”, explique un commerçant local, mettant en lumière la complexité du marché et la dépendance aux approvisionnements extérieurs.


Un contexte économique défavorable


La ville souffre de son enclavement et de l’état déplorable de ses routes, ce qui renchérit le coût du transport des marchandises depuis Libreville ou les pays voisins. À cela s’ajoute la fragilisation du tissu économique local, avec la fermeture de plusieurs sociétés forestières historiques, qui a réduit les opportunités d’emploi et le pouvoir d’achat.


Pour beaucoup de citoyens, le salaire, quand il existe, ne suffit plus à couvrir les dépenses du mois. Nombreux sont ceux qui s’endettent simplement pour se nourrir. “Chaque mois, il faut jongler pour acheter le minimum, et parfois on se retrouve obligé de demander de l’aide à des proches ou de contracter un petit crédit pour survivre”, confie une mère de famille, témoignant de la précarité croissante.


Une population en quête de solutions


Face à cette situation, la population appelle les autorités à agir rapidement pour réguler les prix et soutenir les ménages les plus vulnérables. Mais pour l’instant, le quotidien à Tchibanga reste marqué par la tension et l’inquiétude. Les habitants attendent des mesures concrètes pour retrouver un équilibre économique qui leur permette de vivre dignement.


 


 

Par Pamphil

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