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TAXI À LIBREVILLE

TAXI À LIBREVILLE
Taxis à Libreville : hygiène, confort et sécurité des passagers

À Libreville, emprunter un taxi peut rapidement devenir un parcours semé d’embûches. L’état mécanique des véhicules et le manque d’hygiène font débat parmi les usagers, transformant un choix de confort en une contrainte quotidienne.


« Oui, pour certains chauffeurs, la notion de confort et de service semble souvent mise de côté », confie un usager régulier.


Des trajets parfois périlleux


Se déplacer d’un point à un autre dans la capitale gabonaise relève parfois d’un vrai parcours du combattant. Chaque jour, plus de la moitié de la population emprunte un taxi, que ce soit pour se rendre au travail, à l’école ou pour d’autres obligations personnelles. Pourtant, à bord, la qualité du service laisse souvent à désirer, notamment sur le plan de l’hygiène.


« Déjà l’hygiène par rapport aux taxis que nous prenons, ce sont des taxis vétustes. On est obligé de le faire avec parce que ce sont les moyens de transport contre eux. Sinon beaucoup de ces véhicules-là, ce n’est pas vraiment à la sécurité », témoigne un passager.


Le transport de personnes est pourtant une activité économique encadrée par des règles strictes. Ponctualité, respect du client, état du véhicule. Mais dans certains quartiers, comme au carrefour Rio, le quotidien ressemble parfois à une véritable jungle où le confort du passager n’est pas toujours une priorité.


L’intérieur des taxis : un confort en berne


Pour de nombreux usagers, la question du confort se pose avant même de monter à bord. « Quand on regarde l'intérieur, même si ça a été refait, il n'y a pas assez de protection. Par rapport aux sièges, on a remarqué qu'il y a des sièges qui sont serrés. C’est comme s’ils avaient ajouté juste des sièges pour se faire plus de combattants de la clientèle », explique un habitué.


La densité de passagers contribue aussi à une sensation d’inconfort permanent. « On doit être vraiment dans le confort. Les gens te donnent… Par exemple, de là à là, Rio, Garutier, on est des centaines, c’est deux cents qu’on te prend. Et tu payes ton taxi comme il se doit. Mais avant de monter, même, tu remarques que là où tu peux mettre le pied, ils ont soudé vraiment les fers. Si tu mets pas attention, c’est ton talon que tu vas perdre. Ou bien, tu vas te déchirer la peau »


À cela s’ajoutent des sièges supplémentaires pour augmenter la capacité, mais au détriment de l’espace et de la sécurité. « Ils ont reçu des sièges. Au lieu de peut-être quatre sièges, ça va se retrouver peut-être cinq. On doit être à l’aise »


Une hygiène souvent négligée


L’hygiène à bord des taxis est un autre sujet de préoccupation majeur. Beaucoup de passagers dénoncent le manque de propreté et l’absence de distanciation, en particulier dans les taxibus.


« J’emprunte régulièrement les taxis. Ce que je constate, c’est que les conditions hygiéniques ne sont malheureusement pas respectées. Le constat est plus criant pour ce qui concerne les taxibus. À la limite, la distanciation entre les clients n’est pas respectée. L’état des véhicules n’est pas respecté. Mais nous sommes obligés de les prendre parce qu’on veut aller à notre destination », déplore un voyageur.


Les odeurs et la promiscuité accentuent encore la sensation de malaise. « Tu viens là, tu as peut-être mis ton parfum, tu veux être vraiment dans tes bons parfums et tout. Tu veux te présenter bien dans le taxi. Mais il y a quelqu’un qui vient là, qui ne sait pas laver, peut-être pendant combien de temps. On vient te serrer. Il y a au moins quatre personnes. Tu es là même, tu es étouffée. Oh, tu fais chaud. Les sergères, les vitres là. On vient ouvrir pour dire que tu vas prendre un peu les rières. Tu vas comme ça, c’est coincé. Tu es là comme si les gens condamnaient la boîte des sardines »


Entre obligation et frustration


Pour beaucoup, il ne s’agit pas d’un choix mais d’une nécessité. Les taxis restent, malgré tout, le moyen le plus rapide et souvent le plus accessible pour se déplacer dans la ville.


« Là où on est pressé, le matin, vous avez un rendez-vous, vous êtes obligés de vous embarquer », confie un usager. Les habitants subissent alors la double contrainte du coût et de l’inconfort. « Tous les jours de la vie, j’emprunte des taxibus, je me rends dans mon travail. Ce n’est pas la joie. Ce n’est pas la joie. Pourquoi ce n’est pas la joie ? »


Des standards trop souvent oubliés


Conduire un taxi implique le respect de certains standards : un véhicule en bon état, une hygiène correcte et un service attentif à la clientèle. Ces réflexes, enseignés dès l’auto-école, semblent toutefois trop souvent négligés.


« Pourtant, conduire un taxi implique des standards. Un véhicule en bon état, une hygiène correcte et un respect de la clientèle. Ces réflexes enseignés dès l’auto-école sont trop souvent négligés au détriment de l'expérience du voyageur », souligne un passager.


Le manque de contrôle et la pression quotidienne poussent certains chauffeurs à privilégier le rendement à la sécurité ou au confort. La surcharge des véhicules et l’entretien insuffisant contribuent à une expérience stressante pour les passagers, où l’hygiène et la sécurité deviennent secondaires.


Vers une prise de conscience nécessaire


Face à ces défis, les usagers appellent à une meilleure régulation et à un respect plus strict des normes. Pour que prendre un taxi ne soit plus synonyme de stress et de malaise, il est nécessaire que chauffeurs et autorités travaillent de concert.


« On doit être à l’aise. Mais aujourd’hui, on n’a pas ce confort. On ne se sent pas respecté dans ce qu’on paye », conclut un voyageur.


Le débat sur l’état des taxis à Libreville illustre un enjeu crucial. Celui de la qualité du service public dans le transport urbain. Entre nécessité économique et attentes des passagers, l’heure est à la vigilance, à l’entretien et à l’amélioration de l’expérience pour que chacun puisse se déplacer en toute sécurité et dignité.

Par Pamphil

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