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PARMI LES PLUS CORROMPUS AU MONDE

PARMI LES PLUS CORROMPUS AU MONDE
Gabon toujours fortement corrompu selon l’Indice 2025 de Transparency International

Publié le 10 février 2026 par Transparency International, l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2025 replace le Gabon dans une position préoccupante. Avec un score de 29 sur 100, le pays figure parmi les États considérés comme « fortement corrompus ». Un résultat qui dresse un tableau noir de la situation et confirme une tendance de fond inquiétante.


Un score qui inquiète


Le chiffre est sans appel : 29 sur 100. Dans le système de notation de Transparency International, plus le score est élevé, plus le pays est perçu comme intègre. À l’inverse, un score bas signifie que la corruption est jugée importante dans les institutions publiques. Avec 29 points, le Gabon reste enfoncé dans les profondeurs du classement mondial.


Ce résultat constitue un nouveau pavé dans la mare pour les autorités gabonaises. Depuis trois années, les discours officiels promettent davantage de rigueur, de transparence et de moralisation de la vie publique. Pourtant, les chiffres ne traduisent pas d’amélioration significative. La situation n’est pas reluisante et le pays fait partie des mauvais élèves sur le continent africain.


Transparency International espérait un sursaut, notamment à la faveur des réformes institutionnelles annoncées ces dernières années. Mais l’édition 2025 de l’IPC montre que ces efforts, s’ils existent, ne produisent pas encore d’effets tangibles dans la perception des experts et des milieux d’affaires.


Une stagnation sur dix ans


Ce qui frappe le plus dans ce rapport, c’est la stagnation du Gabon. Il y a dix ans, en 2015, le pays enregistrait déjà un score de 29 sur 100. À l’époque, il occupait le 135e rang sur 182 pays évalués. Une décennie plus tard, la note est identique.


Autrement dit, en dix ans, aucun progrès mesurable n’a été accompli en matière de perception de la corruption. Cette absence d’évolution illustre un problème structurel. Les changements annoncés n’ont pas réussi à modifier durablement l’image du pays.


Pour de nombreux observateurs, cette stabilité dans la médiocrité est presque plus inquiétante qu’une baisse ponctuelle. Elle traduit une incapacité à enclencher une dynamique vertueuse. Le tableau noir de la situation éclabousse le Gabon et pose la question de l’efficacité des politiques publiques mises en place.


L’IPC est largement consulté par les investisseurs


Au-delà des chiffres, c’est l’image du pays qui est en jeu. L’IPC est largement consulté par les investisseurs, les partenaires internationaux et les institutions financières. Un mauvais classement peut peser lourd dans les décisions d’investissement et dans la confiance accordée à un État.


Le score de 29 sur 100 salit la réputation des hauts fonctionnaires gabonais. Même si tous ne sont pas impliqués dans des pratiques illégales, la perception globale jette une ombre sur l’ensemble de l’administration. La haute administration gabonaise est salie par ces évaluations répétées qui la placent parmi les systèmes jugés les plus séduites par la corruption.


La population constate que la compétence est renvoyée aux calendes grecques et que les promotions dépendent davantage de réseaux que de mérites, le lien de confiance se fragilise.


Des réformes insuffisantes


Ces dernières années, les autorités ont pourtant multiplié les annonces : création d’organes de contrôle, renforcement des dispositifs anticorruption, audits dans certaines administrations. Des opérations de communication ont mis en avant la volonté de rompre avec les pratiques du passé.


Mais les experts estiment que ces mesures manquent parfois de moyens ou d’indépendance. Sans changement de mentalités, sans enquêtes approfondies, sans sanctions exemplaires et sans transparence dans la gestion des finances publiques, les réformes peinent à convaincre.


Transparency International espérait un sursaut, notamment dans le contexte des transitions politiques et des engagements pris devant la communauté internationale. Or, l’édition 2025 montre que les efforts entrepris n’ont pas encore permis d’améliorer la perception globale du pays.


La bonne gouvernance est essentielle pour assurer une répartition équitable


La question de la corruption ne se limite pas à un débat moral. Elle a des implications économiques directes. Dans un pays riche en ressources naturelles comme le Gabon, la bonne gouvernance est essentielle pour assurer une répartition équitable des richesses et attirer des investissements durables.


Un environnement perçu comme corrompu peut décourager certains partenaires étrangers. Les entreprises internationales, soumises à des réglementations strictes dans leurs pays d’origine, hésitent à s’engager dans des contextes jugés à risque.


Le maintien du Gabon parmi les pays fortement corrompus pourrait donc freiner les ambitions de diversification économique. Dans un contexte de transition énergétique mondiale et de pression sur les revenus pétroliers, cette situation constitue un handicap supplémentaire.


Quelles perspectives ?


Face à ce constat, la question demeure. Comment sortir de cette spirale ? Les spécialistes de la gouvernance recommandent plusieurs pistes. Renforcer l’indépendance de la justice, protéger les lanceurs d’alerte, améliorer la transparence budgétaire et digitaliser davantage les procédures administratives pour réduire les contacts directs propices aux pratiques illicites.


Il s’agit également de promouvoir une culture de l’intégrité dès la formation des agents publics. Restaurer la confiance passe par des actes concrets et visibles. Des procès équitables, des condamnations effectives et la récupération des avoirs détournés enverraient un signal fort.


Le Gabon se retrouve confronté à ses propres limites


Pour l’heure, le score de 29 sur 100 rappelle que le chemin reste long. Dix ans après avoir obtenu la même note, le Gabon se retrouve à nouveau confronté à ses propres limites. Ce nouveau pavé dans la mare pourrait néanmoins servir d’électrochoc.


La publication de l’IPC 2025 n’est pas une fin en soi. Elle constitue un indicateur, certes sévère, mais aussi un outil pour orienter les politiques publiques. Les autorités saisiront-elles cette occasion pour transformer l’essai et sortir enfin d’une position qui, année après année, ternit l’image du pays ? 


En attendant, le Gabon demeure enfoncé dans les profondeurs du classement, avec une situation pas reluisante qui appelle des réponses claires et durables. La lutte contre la corruption, plus qu’un slogan, apparaît désormais comme une urgence nationale.


400 et 500 milliards de francs CFA par an perdus par l’Etat gabonais


Bien que les données précises officielles sur les pertes financières annuelles causées par la corruption au Gabon soient rares et qu’il soit difficile d’obtenir un chiffre fiable issu d’une source gouvernementale récente, des estimations rendent tout de même une idée de l’ampleur du problème. Selon des données compilées par Afrobarometer et d’autres analyses, les pertes annuelles liées à la corruption au Gabon sont estimées entre environ 400 et 500 milliards de francs CFA par an.


 


 


 

Par Pamphil

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