LES HABITANTS DU PK7 MITIGÉS
Le ministère de la Planification et de la Prospective a récemment annoncé, dans un communiqué officiel, le lancement de la phase de dénombrement de la population vivant au Gabon à partir du 6 février 2026. Cette étape marque la dernière phase du Recensement général de la population et du logement (RGPL), une opération stratégique pour la planification du développement national. Toutefois, sur le terrain, notamment dans le quartier PK7, cette annonce ne fait pas l’unanimité.
Un recensement de plus pour certains habitants
Au PK7, zone connue pour sa vulnérabilité face aux intempéries, l’annonce du dénombrement est accueillie avec scepticisme par une partie de la population. Pour ces habitants, confrontés depuis plusieurs années aux pluies diluviennes, aux glissements de terrain et aux effondrements de maisons, ce recensement ressemble à une promesse de plus sans suite concrète.
Peter, habitant du PK7, exprime son ras-le-bol face à une situation qui se répète chaque année sans amélioration notable. « Ici, ça ne va surtout pas, rien ne va. Il y a les maisons qui se sont cachées, comme d'habitude. On a failli perdre une famille, il y a deux jours, suite aux pluies et aux éboulements qui se sont passés. Chaque année, c'est comme ça. On veut nous recenser, mais rien ne suit après », déplore-t-il. Pour lui, l’urgence n’est plus au comptage, mais à des actions concrètes de relogement.
Entre espoir et résignation
Malgré cette défiance, certains habitants voient dans cette opération une opportunité de faire enfin entendre leur voix auprès des autorités. Jean, également résident du PK7, estime que le recensement peut constituer une étape nécessaire pour une meilleure prise en compte des réalités sociales.
« On a besoin vraiment de l'aide de plus hautes autorités pour vraiment revoir cette situation. Ce n'est pas nous qui avons choisi forcément d'habiter, c'est parce que c'est lorsque nous avons la possibilité de s'enquérir des terrains un peu plus viables, nous sommes obligés de nous réfugier dans des zones parfois à risque. Et c'est ça qui cause toutes ces situations-là », explique-t-il. Un témoignage qui met en lumière la problématique foncière et le manque d’accès à des terrains sécurisés pour les populations à faibles revenus.
Les autorités rassurent sur la confidentialité
Face aux inquiétudes soulevées par une frange de la population, notamment sur l’utilisation et la protection des données personnelles, les autorités tentent de rassurer. Lors d’une sortie médiatique, le directeur du Bureau central de la population et du logement, Noël Moussavou, a tenu à clarifier les objectifs et les garanties entourant cette opération.
« La phase qui constitue le cœur opérationnel du recensement consiste à recueillir de manière exhaustive et méthodique les informations sur toutes les personnes vivant au Gabon, ainsi que sur les logements qu'elles occupent, sans distinction, sans exclusion, et dans le style de respect et règles de confidentialité », a-t-il déclaré, tout en appelant les citoyens à faciliter le travail des agents recenseurs.
Un outil clé pour le développement national
Selon les autorités, ce recensement général permettra de disposer de données fiables et actualisées, indispensables à la planification du développement. Les informations recueillies serviront à identifier les besoins des populations en matière d’éducation, de santé, d’emploi et de conditions de vie, mais aussi à améliorer les politiques de relogement et d’aménagement du territoire.
Les résultats attendus devraient également contribuer à renforcer la décentralisation, soutenir le développement local et orienter plus efficacement les investissements publics et privés. Cette opération de dénombrement, prévue pour durer un mois, intervient dans un contexte particulier, puisque le dernier recensement général au Gabon remonte à 2013. Lancé initialement en mars 2023, le processus avait été interrompu avant de reprendre en 2025 avec la phase de cartographie censitaire.
Au PK7, entre méfiance et espoir, les habitants attendent désormais de voir si ce recensement marquera enfin le début de réponses concrètes à leurs préoccupations de longue date.