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AU GABON LE SPECTRE D’UNE ANNÉE BLANCHE PLANE SUR LE SYSTÈME ÉDUCATIF

AU GABON LE SPECTRE D’UNE ANNÉE BLANCHE PLANE SUR LE SYSTÈME ÉDUCATIF
L’inquiétude grandit au sein de la communauté éducative. À mesure que les semaines passent, le pays s’enfonce dans ce que plusieurs acteurs qualifient désormais de phase de risque d’année blanche

Une situation redoutée tant par les élèves que par les parents. Depuis le début de l’année scolaire, les perturbations se sont accumulées, retards dans le lancement effectif des cours, grèves récurrentes, sans oublier un climat social tendu. Résultat, le volume horaire réellement dispensé reste largement en deçà des attentes initiales. 


Conséquence directe, des semaines entières de cours n’ont pas été assurées. Dans plusieurs écoles, les calendriers académiques sont aujourd’hui profondément désorganisés. « On ne parle plus de simples retards, mais d’un effondrement progressif de l’année scolaire », alerte un responsable pédagogique joint par TV+ Afrique. « Même avec une reprise immédiate, le temps perdu est extrêmement difficile à rattraper. »


Pourtant d’après le protocol signé par les parties et consultés par TV+ AFRIQUE, le gouvernement gabonais a consenti un effort budgétaire historique de 16 milliards de FCFA en faveur du secteur de l’Éducation nationale. Ce montant représente près de 40 % de la marge budgétaire totale de l’État pour l’ensemble des agents publics en 2026, un niveau d’engagement inédit qui place l’éducation au cœur des priorités gouvernementales.


Concrètement, plusieurs mesures ont déjà été actées : 100 % des mises en solde des sortants des écoles de formation (ENS et ENSET), 100 % des mises en présalaire pour 1 810 enseignants bénévoles, 4 000 régularisations administratives immédiates, exclusivement réservées aux enseignants effectivement en situation de classe.


Malgré ces avancées, les cours restent largement perturbés. Le point de blocage identifié par certains concerne le refus de certains syndicats de se soumettre à un audit de transparence du fichier matricule, condition pourtant intégrée dans le protocole d’accord consolidé. Cet audit vise à éviter les doublons, les irrégularités et les paiements indus, une exigence que le gouvernement juge indispensable avant tout décaissement massif de fonds publics.


Sur le terrain, les conséquences sont lourdes. Des semaines de cours ont été perdues, faisant entrer le pays dans une zone critique pour la validation de l’année scolaire. « Même avec une reprise immédiate, le rattrapage sera extrêmement difficile », confie un chef d’établissement à Libreville. Les étudiants, notamment ceux qui envisagent une poursuite d’études à l’étranger, redoutent une remise en cause de la crédibilité de leur parcours.


Face à cette impasse, l’État affirme maintenir une main tendue. Un planning de paiement est prêt, avec un démarrage possible dès février 2026, à condition que l’audit soit validé. Des pistes de sortie de crise sont également évoquées, cours intensifs, réaménagement du calendrier scolaire, voire ajustements exceptionnels des évaluations.


À ce stade, aucune année blanche n’a été officiellement déclarée. Mais chaque semaine de grève supplémentaire rapproche le Gabon d’un point de non-retour, malgré un engagement financier que le gouvernement présente comme allant « au maximum de ses capacités ». Un bras de fer aux lourdes conséquences pour toute une génération d’élèves.

Par Rédaction TV+ AFRIQUE

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