NTOSSUI ALLOGO AU KENYA
Dans le cadre ambitieux du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD), le Gabon accélère sa stratégie pour valoriser sa biodiversité et ses parcs nationaux comme de véritables moteurs de développement économique. À la tête de cette initiative, le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat et chargé du Conflit Homme‑Faune, Maurice Ntossui Allogo, a récemment effectué une visite stratégique à la réserve de Suyian au Kenya, considérée comme une belle brochette d’exemple réussi dans l’écotourisme de haut standing.
Ce déplacement au plateau de Laikipia visait à s’imprégner d’un modèle de conservation haut de gamme, pétri d’expérience et déjà éprouvé. Là‑bas, la gestion mise en œuvre par l’organisation Space for Giants (SFG) illustre comment un tourisme d’excellence peut devenir le fer de lance du financement de la biodiversité, tout en assurant le bien‑être des communautés locales et la création de richesses durables.
Un modèle kényan inspirant et ambitieux
La réserve de Suyian s’étend sur un territoire exceptionnel de quelque 44 000 acres, où la protection des écosystèmes s’articule avec une offre touristique haut de gamme. Ce modèle repose sur trois piliers indissociables : la préservation des écosystèmes, le bien‑être des communautés locales et la création de richesse durable. Grâce à cette approche, le tourisme devient à Suyian non seulement un moyen de préservation de la nature, mais aussi un corridor de développement socio-économique pour les populations environnantes.
Le ministre Allogo n’a pas tari d’éloges sur cette expérience :
« Notre ambition est de transformer le potentiel exceptionnel de nos parcs nationaux en un véritable levier de souveraineté économique. L’exemple de Suyian nous démontre qu’un tourisme de haut standing, lorsqu’il est strictement aligné avec les objectifs de conservation, permet non seulement de protéger durablement notre biodiversité, mais aussi d’offrir des opportunités réelles de développement aux communautés locales, conformément à la vision du Président de la République, Chef de l’Etat et du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema »
Cette déclaration réaffirme que le Gabon entend faire du tourisme ecologique un pilier stratégique de son économie verte, et non plus une activité marginale.
Un potentiel naturel encore sous‑exploité
Le Gabon compte 13 parcs nationaux couvrant environ 11–11,25 % du territoire national, dont la diversité écologique est aujourd’hui reconnue mondialement. Ces parcs constituent un patrimoine naturel doré, avec des écosystèmes allant des forêts denses aux littoraux sauvages, en passant par des savanes et des mangroves d’exception.
Pourtant, malgré cette richesse, l’apport actuel du tourisme reste relativement modeste dans l’économie nationale. Les dernières estimations disponibles indiquent que le secteur du tourisme contribuait autour de 4 % du PIB gabonais avant 2026, soit une part encore limitée pour un pays aux ressources naturelles aussi vastes.
Les parcs nationaux, bien qu’étant le corridor de développement le plus prometteur du secteur, n’ont pas encore généré de chiffres précis quant à leur contribution directe au PIB ou au budget annuel. Le manque de données officielles rend difficile une quantification exacte de l’apport de ces parcs à l’économie nationale. Néanmoins, leur potentiel est unanimement reconnu, avec des projections estimant que des stratégies d’écotourisme modernisées pourraient générer des recettes significatives à l’horizon 2030 et au‑delà.
Objectifs économiques et perspectives fortes
Conformément à la vision présidentielle inscrite au cœur du PNCD, le Gabon ne se contente pas d’admirer ses ressources — il veut les rentabiliser à plein rendement. Le développement de l’écotourisme haut de gamme est perçu comme une pierre angulaire pour diversifier l’économie, réduire sa dépendance aux hydrocarbures et pérenniser des emplois durables pour les communautés locales.
Les autorités envisagent notamment de porter la contribution du tourisme à 10 % du PIB d’ici 2030, tout en attirant des centaines de milliers de visiteurs internationaux chaque année. Pour y parvenir, le Gabon souhaite s’inspirer des pratiques kényanes, créer des infrastructures adaptées, renforcer les capacités locales et attirer des investissements étrangers responsables.
Ces efforts s’inscrivent dans une vision globale de souveraineté économique verte, où l’exploitation durable de la biodiversité génère non seulement des revenus, mais constitue également un vecteur d’inclusion sociale et de valorisation du capital naturel.
Vers un tourisme durable et inclusif
Si aujourd’hui l’apport du tourisme au PIB gabonais reste modeste — souvent estimé entre 2,8 % et 5 % selon les sources — l’ambition du gouvernement est claire : faire du pays une référence internationale en écotourisme.
En s’inspirant des réussites observées à Suyian, le Gabon entend franchir plusieurs longueurs d’avance vers une économie où la conservation, le développement communautaire et la croissance économique ne font qu’un. Ce modèle, s’il est pleinement réalisé, pourrait transformer les parcs nationaux en véritables actifs économiques générateurs de richesses durables pour les générations futures.