SIGNAUX D’ALERTE D’UNE ÉCONOMIE EN PERTE DE VITESSE
Selon la note de conjoncture sectorielle publiée par la direction générale de l'économie et de la politique fiscale, la conjoncture économique dans la zone CEMAC au deuxième trimestre 2025 révèle une réalité moins rassurante qu’il n’y paraît. Derrière des chiffres encore positifs se cachent en effet plusieurs fragilités structurelles qui traduisent un essoufflement progressif de la dynamique économique régionale.
Un ralentissement généralisé de l’activité
Le premier signal négatif réside dans le ralentissement du rythme de progression des activités économiques. Après une performance plus soutenue au trimestre précédent, l’économie de la CEMAC marque le pas, avec un Indicateur Composite des Activités Économiques (ICAE) en baisse. Cette décélération traduit une perte de dynamisme du secteur productif, qui reste pourtant le moteur essentiel de la croissance régionale. En comparaison annuelle, la tendance est également à la baisse, signe que le ralentissement s’installe dans la durée.
L’agriculture d’exportation en difficulté
Le secteur agricole, notamment l’agriculture d’exportation, constitue l’un des maillons faibles de cette conjoncture. Le léger décrochage observé pénalise les économies qui dépendent fortement de ces cultures pour leurs recettes extérieures. Ce recul expose la CEMAC à une vulnérabilité accrue face aux chocs extérieurs et met en évidence le manque de modernisation et d’investissement dans ce secteur pourtant stratégique.
Les industries extractives à la peine
Autre point noir : la faiblesse persistante des industries extractives. Le recul des hydrocarbures au Gabon, au Tchad, en Guinée équatoriale et au Cameroun montre la dépendance excessive de la sous-région à ces ressources. La faible reprise du manganèse au Gabon illustre également les limites d’une économie encore trop tournée vers l’exportation de matières premières brutes, sans véritable valeur ajoutée locale.
Des coûts de production étouffants
Les opérateurs économiques, notamment dans la sylviculture, subissent une pression croissante liée à la hausse des coûts d’exploitation. Les prix élevés du gasoil, combinés à des coûts logistiques en forte augmentation, réduisent la compétitivité des entreprises. La dégradation des infrastructures de transport pendant la saison des pluies aggrave encore cette situation, révélant l’insuffisance des investissements publics dans les infrastructures de base.
Une croissance de plus en plus fragile
Au final, la baisse de l’ICAE, passé de 8,5 % à 6,3 % en un trimestre, illustre une croissance qui reste positive mais de plus en plus fragile. Cette tendance souligne l’urgence pour les États de la CEMAC de diversifier leurs économies, d’améliorer les infrastructures et de soutenir les secteurs productifs afin d’éviter un ralentissement plus marqué dans les prochains trimestres.