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SONT-ILS À L’ORIGINE DE LA CRISE ?

SONT-ILS À L’ORIGINE DE LA CRISE ?
Grève des enseignants au Gabon depuis décembre 2025, écoles publiques paralysées. Responsabilité politique pointée promesses non tenues, mauvaise gouvernance, avenir scolaire menacé pour élèves et parents gabonais crise nationale durable

Depuis plusieurs semaines, l’école gabonaise du secteur public est dans une cocotte minute. Les enseignants observent une grève qui, débutée en décembre 2025, s’est considérablement durcie depuis le 5 janvier 2026. Au cœur des débats : la responsabilité des autorités politiques dans une crise devenue chronique.


Une grève qui s’installe dans la durée


Les salles de classe sont vides, les élèves livrés à eux-mêmes et les parents inquiets. Depuis décembre 2025, les enseignants gabonais ont cessé le travail pour dénoncer leurs conditions de vie et de travail notamment l’épineux problème des régularisations administratives. Ce mouvement, au départ ponctuel, a pris une autre dimension à partir du 5 janvier 2026, lorsque les syndicats ont décidé de durcir le ton. Suspension totale des cours dans tous les établissements du Gabon, communiqués offensifs et menaces d’année blanche : la crise est désormais ouverte.  


Les revendications des enseignants sont connues. Elles portent principalement sur la régularisation de leurs situations administratives, la fin de l’injustice et du clanisme, les rappels de soldes, les avancements bloqués et l’amélioration des infrastructures scolaires. Autant de problèmes qui, selon les syndicats, ne datent pas d’hier.


Des promesses politiques non tenues ?


Pour de nombreux observateurs, la responsabilité des politiciens gabonais est engagée. Depuis des années, l’Éducation nationale est présentée comme une priorité dans les discours officiels. Pourtant, sur le terrain, les réalités semblent contredire ces promesses. Établissements délabrés, manque de matériel pédagogique, classes surchargées et enseignants démotivés et abandonnés par les ministères de la Fonction publique et de l’Economie et du budget, le système éducatif donne des signes d’essoufflement.


Les syndicats accusent les décideurs politiques de mauvaise gouvernance et d’un manque de volonté réelle. « Les problèmes sont identifiés, les solutions aussi, mais rien ne change », déplore un responsable syndical. Pour eux, la crise actuelle est la conséquence directe de choix politiques hasardeux et d’une gestion approximative des ressources publiques.


Le ministère de l'Education nationale se défend


Face à la grogne, les autorités rejettent ces accusations. Le gouvernement évoque un contexte économique difficile et appelle à la responsabilité de tous. Des négociations ont été amorcées, mais sur le terrain, peu de résultats concrets sont visibles. Cette lenteur alimente la colère des enseignants, qui estiment ne plus être écoutés.


Certains responsables politiques dénoncent également une instrumentalisation de la grève à des fins syndicales ou politiques. Un argument que les enseignants balaient d’un revers de main, affirmant que leur combat est avant tout social et professionnel.


Les élèves et les parents, victimes collatérales


Pendant que le bras de fer se poursuit, ce sont les élèves qui paient le plus lourd tribut. Retards dans les programmes, incertitude liée aux examens. L'avenir scolaire des enfants gabonais est en péril. Cette situation préoccupe énormément les familles. Beaucoup de parents pointent du doigt l’État, estimant que l’éducation des enfants ne devrait jamais être sacrifiée sur l’autel des querelles politiques.


Une crise révélatrice d’un malaise plus profond


Au-delà de la grève actuelle, la situation de l’Éducation nationale au Gabon révèle un malaise structurel. Si les politiciens ne sont sans doute pas les seuls responsables, leur rôle reste central. Sans décisions fortes et durables, le risque est grand de voir cette crise durer encore plus longtemps est perceptible. Ce, au détriment de toute une génération.


 

Par Pamphil

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