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AVEC 71,65 % DES VOIX

AVEC 71,65 % DES VOIX
Ouganda : Yoweri Museveni réélu pour un 7ᵉ mandat avec 71 % des voix, Bobi Wine dénonce fraude et tensions politiques. Résultats officiels et réactions locales et internationales. 

Le Président sortant de l’Ouganda, Yoweri Kaguta Museveni, a été réélu pour un septième mandat consécutif, selon les résultats définitifs annoncés samedi par la Commission électorale. Au pouvoir depuis 1986, le dirigeant ougandais prolonge ainsi l’un des régimes les plus longs du continent africain, dans un contexte électoral marqué par des accusations de fraude et une forte tension politique.


Des résultats officiels largement en faveur de Museveni


Selon la Commission électorale ougandaise, Yoweri Museveni a obtenu 7 946 772 voix, soit 71,65 % des suffrages exprimés, lors de l’élection présidentielle qui s’est tenue le jeudi 15 janvier. Son principal rival, Robert Kyagulanyi Ssentamu, dit Bobi Wine, candidat de la Plateforme de l’unité nationale (NUP), arrive en deuxième position avec 2 741 238 voix, soit 24,72 %.


Les autres candidats ont obtenu des scores marginaux : Nathana Nandala Mafabi, du Forum pour le changement démocratique (FDC), recueille 1,88 % des suffrages, tandis que Mugisha Muntu, de l’Alliance pour la transformation nationale (ANT), obtient 0,53 %. Le taux de participation s’établit autour de 51 %, sur un total de 21 649 067 électeurs inscrits, avec 11 090 848 suffrages valablement exprimés.


Ces résultats confirment la tendance des données préliminaires publiées lors du dépouillement, qui donnaient déjà une avance confortable au président sortant.


Bobi Wine dénonce une fraude massive


Peu après l’annonce officielle, Bobi Wine a rejeté les résultats, dénonçant de graves irrégularités électorales. Dans une déclaration publiée samedi, il accuse les autorités de « bourrages d’urnes », de militarisation du scrutin et d’arrestations ciblées de responsables et d’agents de l’opposition.


Le leader du NUP affirme avoir échappé vendredi soir à une opération des forces de sécurité à son domicile de Magere, évoquant une coupure d’électricité, la désactivation de caméras de surveillance et la présence d’hélicoptères autour de sa résidence. Selon lui, certains membres de sa famille seraient encore soumis à des restrictions de mouvement. Les autorités n’ont pas commenté ces accusations dans l’immédiat.


Un scrutin sous haute tension


L’élection s’est déroulée dans un climat de forte tension politique, marqué par :


Des restrictions sur l’accès à Internet, régulièrement utilisées lors des scrutins en Ouganda.


Des préoccupations liées aux libertés publiques et à la sécurité des opposants.


Des appels de la communauté internationale au respect des droits humains et à la transparence du processus électoral.


Les observateurs ont souligné que la campagne a été largement dominée par le président sortant, qui bénéficie d’un contrôle important sur les institutions de l’État et les médias publics.


Yoweri Museveni : un bilan contrasté


Au pouvoir depuis 1986, Yoweri Museveni est à la tête de l’un des régimes les plus longs d’Afrique. Son bilan est mixté, mêlant réussites et critiques sévères.


La face reluisante


Stabilité politique relative : Museveni a réussi à maintenir l’Ouganda relativement stable après des décennies de guerres civiles et de conflits internes.


Croissance économique : Le pays a connu une croissance soutenue, notamment grâce aux secteurs de l’agriculture et des infrastructures.


Programmes de santé et d’éducation : Des efforts ont été déployés pour lutter contre le VIH/sida et améliorer l’accès à l’éducation primaire.


La face sombre


Répression politique : L’opposition dénonce régulièrement des arrestations arbitraires, des intimidations et des restrictions des libertés fondamentales.


Allongement du mandat présidentiel : Museveni a modifié la Constitution à plusieurs reprises pour lever les limites d’âge et de mandat, ce qui lui permet de rester au pouvoir.


Corruption et inégalités : Malgré la croissance économique, de nombreux citoyens ougandais continuent de vivre dans la pauvreté, tandis que la corruption reste un problème structurel.


Réactions internationales et locales


La réélection de Museveni a suscité des réactions contrastées. Certaines capitales africaines et occidentales ont appelé au respect des droits de l’homme et de la transparence électorale, tandis que des analystes locaux notent que le résultat reflète à la fois la popularité persistante de Museveni et un système électoral largement sous contrôle.


Dans les rues de Kampala, les partisans de Museveni ont célébré la victoire, tandis que ceux de Bobi Wine ont organisé des rassemblements de protestation, dénonçant ce qu’ils considèrent comme un « hold-up électoral ».


Une longue ère qui se poursuit


Avec ce nouveau mandat, Yoweri Museveni prolonge son règne à la tête de l’Ouganda pour la 41ᵉ année consécutive, confirmant sa place parmi les chefs d’État les plus durables du continent africain. Alors que le pays se prépare à ce nouveau chapitre, la tension entre pouvoir et opposition reste palpable, posant des questions sur la démocratie et l’avenir politique de l’Ouganda.


Contesté pour ses méthodes autoritaires


La réélection de Yoweri Museveni illustre la complexité de la politique ougandaise : un dirigeant historique salué pour certaines réussites, mais contesté pour ses méthodes autoritaires et le contrôle du processus électoral. Le pays se trouve à un carrefour, entre continuité et aspirations à davantage de démocratie, dans un contexte où la jeunesse et l’opposition cherchent toujours à se faire entendre.


 


 


 


 


 

Par Pamphil

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