AVEC LE LANCEMENT DU SIGFIP
Le Gabon vient d’ouvrir une nouvelle page dans la modernisation de son administration financière. Le Ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la Vie Chère, Thierry Minko, accompagné du Ministre délégué Marc Abeghe, a officiellement lancé le Système Intégré de Gestion des Finances Publiques (SIGFiP). Cette plateforme numérique marque une avancée majeure dans la volonté des autorités de rendre la gestion des finances publiques plus efficace, plus transparente et plus sécurisée.
Présenté comme un outil stratégique, le SIGFiP s’inscrit dans un vaste programme de réformes impulsé au plus haut niveau de l’État. Selon le communiqué officiel, ce projet répond à une vision claire : moderniser en profondeur l’administration financière afin de mieux encadrer l’utilisation des ressources publiques et renforcer la confiance des citoyens.
Une réforme impulsée par les plus hautes autorités
Le lancement du SIGFiP ne relève pas d’une initiative isolée. Il découle directement des orientations fixées par le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement. Le communiqué rappelle que cette réforme est menée “sur les très hautes instructions du Président de la République, Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema”.
À travers cette impulsion politique forte, les autorités entendent accélérer la transformation digitale de l’administration publique, en particulier dans un secteur aussi sensible que celui des finances de l’État. Dans un contexte marqué par des exigences accrues de bonne gouvernance, la digitalisation apparaît comme un levier incontournable pour améliorer la gestion budgétaire et lutter contre les dysfonctionnements structurels.
Le SIGFiP, un outil au cœur de la modernisation financière
Le Système Intégré de Gestion des Finances Publiques a été conçu pour répondre à plusieurs défis majeurs. Il vise notamment à améliorer le suivi des opérations financières, depuis la planification budgétaire jusqu’au paiement effectif des dépenses.
Comme le souligne le communiqué, le SIGFiP ambitionne de “renforcer la traçabilité des opérations et optimiser la gestion budgétaire et comptable”. Concrètement, cela signifie que chaque étape de la dépense publique est désormais enregistrée, contrôlée et traçable dans un système unique. Cette centralisation réduit les risques d’erreurs, de doublons ou de pratiques opaques.
Au-delà de la simple informatisation, le SIGFiP introduit une nouvelle manière de travailler pour les administrations financières, fondée sur des procédures harmonisées et des délais de traitement raccourcis.
Des avancées concrètes et mesurables
Le lancement officiel du SIGFiP s’accompagne de plusieurs innovations majeures qui traduisent la portée concrète de cette réforme. L’une des plus importantes concerne l’intégration complète de la chaîne de dépense, permettant un suivi continu, de l’engagement jusqu’au règlement final.
Le communiqué met également en avant “l’opérationnalisation de la signature électronique, permettant l’accélération, la sécurisation et la transparence dans le traitement des opérations”. Cette évolution réduit considérablement les lourdeurs administratives liées aux signatures physiques et limite les risques de falsification ou de perte de documents.
Par ailleurs, le système a été déployé sur l’ensemble du territoire national ainsi que dans les représentations du Gabon à l’étranger, garantissant une gestion financière unifiée, quel que soit le lieu d’exécution de la dépense.
Les marchés publics et les recettes désormais centralisés
Autre innovation majeure : l’intégration des procédures de gestion des marchés publics dans le SIGFiP. Désormais, la planification, la préparation, la soumission et la contractualisation des marchés s’effectuent dans une logique de dématérialisation totale. Cette approche vise à renforcer la transparence dans un domaine souvent pointé du doigt pour ses vulnérabilités.
Le communiqué insiste également sur “la centralisation de l’ensemble des encaissements des régies financières”, une mesure qui permet à l’État de disposer de tableaux de bord consolidés. Grâce à ces outils, les autorités peuvent suivre en temps réel l’évolution des recettes et des dépenses, facilitant ainsi la prise de décision et l’ajustement des politiques budgétaires.
Transparence, gouvernance et confiance citoyenne
Au-delà des aspects techniques, le SIGFiP porte une ambition plus large : améliorer la gouvernance financière et renforcer la confiance entre l’État, les citoyens et les partenaires internationaux. En produisant des rapports fiables, rapides et opposables, le système offre une meilleure visibilité sur l’utilisation des ressources publiques.
Cette démarche s’inscrit également dans une volonté d’alignement avec les standards internationaux de gouvernance financière. En adoptant des outils modernes et des pratiques reconnues, le Gabon cherche à consolider sa crédibilité auprès des bailleurs de fonds et des partenaires techniques et financiers.
Des vérifications sur le terrain pour garantir l’effectivité
Conscientes des enjeux, les autorités ont tenu à s’assurer de l’opérationnalité réelle du SIGFiP à l’ouverture de l’exécution de la loi de finances 2026. Le Ministre de l’Économie et des Finances a ainsi procédé à la vérification de la disponibilité du Data Center hébergeant les données du système.
Il a également assisté à une opération d’enregistrement d’ordonnances de paiement au ministère de la Justice, en présence des Directeurs généraux du Budget, des Impôts, du Trésor et des Marchés Publics. Ces actions visaient à démontrer que le SIGFiP n’est pas seulement un projet théorique, mais un outil effectivement utilisé dans le fonctionnement quotidien de l’administration.
Vers une automatisation intégrale de la chaîne financière
Le lancement du SIGFiP s’inscrit dans une dynamique plus large de réformes prévues pour l’exercice 2026. D’autres projets structurants sont annoncés, notamment la mise en place de la facture normalisée, du fichier unique de référence et la digitalisation des procédures de liquidation et d’encaissement en douane via SYDONIA World.
L’objectif final est de parvenir à “une automatisation intégrale de la chaîne financière de l’État, gage de transparence, d’efficacité et de bonne gouvernance”, indique le communiqué. Une ambition qui, si elle se concrétise pleinement, pourrait transformer durablement la gestion des finances publiques au Gabon.