LES LAISSANT SOUFFRIR DEPUIS DES DÉCENNIES
Depuis 10, 15 ans, des milliers d’enseignants gabonais tirent le diable par la queue. Ils triment, sans salaire complet, parfois sans statut clair, attendant qu’une administration lente et indifférente daigne reconnaître leur travail. Et pourtant, ce n’est qu’au moment de la grève que leurs revendications ont été prises au sérieux. Pourquoi attendre qu’ils descendent dans la rue souffrent pendant des années pour répondre à des besoins qui existent depuis des années ? Comme si les postes budgétaires avaient toujours été là, simplement posés sur la table, mais ignorés par choix.
L’argent existe… mais reste hors de portée
La signature, séance tenante, de 300 fiches bleues pour des enseignants bénévoles révèle l’absurde : l’argent est là, disponible, prêt à être utilisé, mais bloqué jusqu’à ce qu’une crise nationale éclate. Des milliers d’autres enseignants restent dans l’attente, leurs dossiers administratifs non régularisés, leur dignité mise à l’épreuve. Humiliés, insultés, traités de vauriens. Plus de 6 500 situations administratives doivent encore être réglées. Chaque jour de retard est une injustice supplémentaire, une souffrance inutile.
Comment peut-on en arriver là
Comment des Gabonais peuvent-ils faire souffrir d’autres Gabonais à ce point ? L’éducation des enfants est sacrifiée, des foyers d’enseignants se sont séparés, des enfants ont été abandonnés et le système tout entier vacille. On pourrait se demander : les Gabonais aiment-ils vraiment les Gabonais quand tant de concitoyens doivent subir des années de privation et de mépris ?
La grève comme révélateur
La mobilisation des enseignants n’est pas seulement une revendication salariale : c’est un cri de dignité. La grève a mis en lumière les absurdités administratives et l’indifférence prolongée d’un système censé protéger ses citoyens, ses frères, ses compatriotes. Les solutions annoncées aujourd’hui sont positives, mais elles arrivent après trop d’années de frustration et d’injustice, comme si les enseignants étaient des étrangers, des non Gabonais.
Vers une vraie justice pour les enseignants
Il est temps que cette régularisation ne soit pas un simple geste ponctuel mais une promesse tenue durablement. Le pays doit comprendre que ses enseignants ne sont pas des variables d’ajustement à activer seulement quand le mécontentement devient insupportable. Chaque enfant, chaque famille et chaque citoyen paiera le prix de cette indifférence et de cette cruauté.