« BON GRÉ, MAL GRÉ »
À la veille du match entre le Gabon et le Mozambique, comptant pour la deuxième journée du groupe, le sélectionneur des Panthères, Thierry Mouyouma, a tenu une conférence de presse riche en déclarations. Les deux équipes, sorties battues lors de la première journée, cherchent à lancer leur compétition de la meilleure façon possible.
Pour Mouyouma, cette rencontre est aussi l’occasion de revenir sur certaines critiques qui ont émaillé ses choix de sélection, notamment celui de Malik Evouna.
Le choix de Malik Evouna au cœur des discussions
« Je vais commencer par le cas Malik Evouna »
a déclaré le sélectionneur. Selon lui, les journalistes gabonais présents lors de la précédente conférence de presse à Libreville avaient insisté sur ce point.
« J'ai expliqué, j'ai donné les raisons de la sélection de Malik Evouna »
a-t-il ajouté.
Mouyouma a souligné les contraintes liées au championnat local :
« J'aurais aimé que le championnat gabonais ait commencé à cette période. J'ai entretenu l'équipe nationale pendant deux ans, avec une difficulté d'orientation du championnat local qui est un réel problème »
Selon lui, la préparation du joueur et son intégration dans l'équipe ne peuvent pas se faire de manière instantanée.
« Il y a une réalité du terrain »
a insisté le technicien.
« Le fait d'être sélectionné ne donne pas à Malik le droit de commencer tout de suite le premier match »
La CAN, une compétition exigeante
Pour Mouyouma, le contexte de la Coupe d’Afrique des Nations impose des choix stricts :
« La CAN est une compétition agressive, et qui exige une certaine expérience. Ces points ont justifié la sélection de Malik »
Le sélectionneur rappelle ainsi que ses décisions ne sont pas prises à la légère. Il déplore au passage certaines critiques qu’il juge infondées ou mal informées.
« Qu'est-ce que vous voulez que je fasse ? Il y a une expression qui est souvent utilisée ici, c'est les footix, ces personnes qui ne comprennent rien au football et qui critiquent le sélectionneur Mouyouma »
a-t-il lancé, visiblement agacé.
Une distance assumée avec les réseaux sociaux
Mouyouma insiste sur son engagement envers l’équipe et sur sa neutralité vis-à-vis des polémiques externes.
« J'ai pris mon temps précieux à préparer l'équipe nationale, je ne vais pas jusqu’à aller me justifier sur certains remplacements où je ne suis même pas »
a-t-il précisé.
Il ajoute qu’il ne suit pas les débats sur les réseaux sociaux :
« Des choses me sont rapportées. Je ne suis pas sur les réseaux sociaux. Je réponds aux recommandations de la CAF et de la Fédération gabonaise de football. Pour le reste, je ne m'en occupe pas et je ne regarde même pas »
Cette position illustre la volonté du sélectionneur de se concentrer sur le terrain et la performance des joueurs plutôt que sur les polémiques médiatiques.
La question de la moralité dans le jugement
Selon Mouyouma, certains observateurs manquent d’honnêteté dans leurs jugements :
« Quand ces personnes voient une communication de l'Olympique de Marseille, ou d'une télévision française qui dit de manière précise ce qu'on sait à l’Olympique de Marseille, qu'est-ce que disent ces personnes ? Elles ne présentent pas la moindre excuse, elles ne sont pas désolées d'avoir porté des jugements »
Il regrette ce manque de recul et de responsabilité :
« Nous, nous continuons à faire notre travail. Bon gré, mal gré, nous souhaitons constituer la meilleure équipe possible »
La situation de Pierre-Emerick Aubameyang
La presse s’interroge également sur la disponibilité de Pierre-Emerick Aubameyang, autre figure majeure du football gabonais. Mouyouma précise que la décision n’est pas encore technique mais médicale :
« Nous ne sommes pas en train de réfléchir sur le plan technique ou tactique. Nous attendons un avis médical. Nous connaissons la qualité du joueur, nous connaissons les spécificités du joueur. Aujourd'hui, nous sommes sur les avis médicaux »
Cette clarification met fin aux spéculations sur d’éventuelles tensions ou décisions techniques concernant l’attaquant vedette.
Préparer le Gabon pour la victoire
Alors que le Gabon et le Mozambique cherchent à rebondir après leurs défaites initiales, Mouyouma reste concentré sur l’objectif principal :
« Nous souhaitons constituer la meilleure équipe possible»
Sa conférence a permis de rappeler la complexité du rôle de sélectionneur, entre gestion de l’équipe, préparation tactique et communication avec les médias.
Il insiste également sur l’importance de faire abstraction des critiques pour se concentrer sur le football :
« Je réponds aux recommandations de la CAF, la conférence de presse est officielle, il y a les termes de communication de la Fédération gabonaise de football. Pour le reste, je ne m'en occupe pas et je ne regarde même pas»
Une approche professionnelle et mesurée
Dans ses propos, Thierry Mouyouma se montre à la fois ferme et professionnel. Il assume ses choix et explique le contexte dans lequel ils sont faits, sans se laisser entraîner par la polémique.
« Si ce sont des problèmes réels, je réponds et je donne des explications »
affirme-t-il.
Cette posture reflète une volonté de transparence tout en protégeant l’équipe des pressions externes. Le sélectionneur privilégie la cohésion et la performance collective plutôt que les réactions immédiates des médias ou des réseaux sociaux.
Vers un match décisif
À la veille de ce Gabon – Mozambique, le climat est donc celui de la concentration et de la préparation. La victoire est nécessaire pour relancer les ambitions des Panthères dans le groupe. Les supporters, eux, attendent un match convaincant et des performances solides de leurs stars, Denis Bouanga, Mario Lemina et Pierre-Emerick Aubameyang en tête.
Mouyouma conclut sa conférence sur un ton résolument tourné vers le terrain :
« Nous faisons notre travail, bon gré, mal gré, nous souhaitons constituer la meilleure équipe possible»
Une déclaration qui résume parfaitement l’état d’esprit de l’équipe à quelques heures d’un rendez-vous capital.