CAPTER LES RECETTES INSUFFISAMMENT MAÎTRISÉES
Le secteur des jeux de hasard au Gabon est un domaine qui attire de plus en plus l’attention. Il représente non seulement un marché lucratif, mais aussi un secteur à risques qui nécessite une régulation stricte. Récemment, le Président de la République a annoncé la réappropriation par l’État du secteur des jeux de hasard afin de mieux le contrôler et de profiter pleinement de ses recettes.
Un secteur ancien et structuré
Les jeux de hasard existent au Gabon depuis plusieurs décennies. Leur fonctionnement est défini par la loi gabonaise n° 009/2007, qui régit toutes les activités liées aux jeux de hasard, y compris les loteries, les casinos, les paris sportifs et les jeux en ligne. Cette loi fixe les règles pour les opérateurs, protège les joueurs et permet à l’État de percevoir des revenus fiscaux.
Malgré cette loi, une partie du secteur échappe encore au contrôle de l’État, notamment les jeux en ligne et les sociétés transfrontalières. Ces activités non régulées réduisent les recettes publiques et exposent les populations à des risques sociaux élevés.
Les domaines les plus prestigieux et rentables
Dans le secteur des jeux de hasard, certains domaines sont considérés comme plus prestigieux que d’autres. Au Gabon, le casino et les paris sportifs occupent cette position. Ils attirent non seulement une clientèle aisée, mais génèrent aussi le plus de revenus.
En termes de chiffre d’affaires, les jeux de loterie et les casinos restent les plus lucratifs. Les opérateurs du secteur déclarent un chiffre d’affaires combiné d’environ 15 milliards de francs CFA par an. Ces chiffres montrent que le secteur représente une ressource économique importante pour le pays, même si une partie de ce potentiel reste encore inexploité.
Les grandes et moyennes sociétés du secteur
Le Gabon compte actuellement une dizaine de sociétés actives dans le secteur des jeux de hasard. Parmi elles :
Grandes sociétés :
Casino de Libreville
Loterie Nationale Gabonaise (LONAGE)
PMU Gabon (Paris Mutuels Urbains)
Moyennes sociétés :
Petites salles de jeux privées à Libreville et Port-Gentil
Entreprises locales de paris sportifs et jeux de loterie
Opérateurs régionaux offrant des jeux en ligne et hors ligne
Ces sociétés sont concentrées dans la capitale, mais certaines opèrent aussi dans les principales villes de province.
Une activité plus forte à Libreville
Le secteur des jeux de hasard est nettement plus dynamique à Libreville, la capitale, que dans les villes de province. Dans les autres villes comme Franceville, Oyem, Port-Gentil, Makokou, Mouila, Tchibanga ou Lambaréné, l’activité est moins développée.
Les chef-lieux de province les plus actifs sont :
Port-Gentil
Franceville
Oyem
Les chef-lieux de province où le secteur est faible ou presque inexistant sont :
Makokou
Mouila
Tchibanga
Cette concentration autour de Libreville s’explique par la densité de population, le pouvoir d’achat plus élevé et la présence des grandes entreprises.
Les contributions financières du secteur
Le secteur des jeux de hasard contribue aujourd’hui au trésor gabonais à hauteur de 2 milliards de francs CFA par an. Cependant, l’État pourrait augmenter considérablement ces recettes en réappropriant le secteur via un opérateur public. Les estimations indiquent que le Gabon pourrait percevoir jusqu’à 10 milliards de francs CFA supplémentaires par an en contrôlant directement toutes les activités de jeux de hasard.
Cette réappropriation permettrait également de canaliser les ressources vers des politiques publiques sociales et éducatives, tout en renforçant la protection des populations et la création d’emplois nationaux.
Emploi et formation : un secteur porteur
Actuellement, le secteur emploie environ 300 personnes, dont une vingtaine d’expatriés spécialisés dans la gestion des casinos et des systèmes informatiques. Ces expatriés proviennent principalement de France et de certains pays voisins.
Avec la réappropriation du secteur par l’État, plusieurs milliers de Gabonais pourraient bénéficier :
Emplois directs : gestion des casinos, loteries, billetteries, services en ligne
Auto-emploi : création de petites entreprises liées aux jeux de hasard, par exemple des points de vente et agences de paris
Formation et compétences : renforcement des compétences locales dans le domaine du management, de la sécurité et des technologies de l’information
Cette politique pourrait transformer le secteur en véritable levier de développement national.
Les défis du contrôle de l’État
Pendant longtemps, le secteur a échappé au contrôle complet de l’État pour plusieurs raisons :
Présence d’opérateurs transfrontaliers difficiles à réguler
Développement rapide des jeux en ligne et applications mobiles
Manque de mécanismes de suivi et de régulation adaptés
La réappropriation annoncée par le Président vise justement à résoudre ces problèmes et à instaurer un cadre légal et sécurisé pour tous les acteurs.
Les bénéfices pour l’État et la population
La réappropriation du secteur par l’État présente plusieurs avantages :
Pour l’État :
Augmentation des recettes fiscales
Meilleur contrôle des activités économiques
Lutte contre les risques sociaux liés aux jeux illégaux
Pour la population :
Protection des joueurs contre les pratiques abusives
Création d’emplois pour les jeunes et les femmes
Financement de projets sociaux et éducatifs
Ainsi, ce secteur devient non seulement une source de revenus, mais aussi un outil de développement économique et social.
La voie vers une régulation stricte
Pour organiser les entreprises transfrontalières et celles opérant sur internet, l’État gabonais devra :
Mettre en place un opérateur public chargé de centraliser toutes les activités
Créer des licences obligatoires pour tous les opérateurs, y compris étrangers
Développer un système de contrôle et de suivi électronique pour les jeux en ligne
Imposer des normes sociales et économiques pour protéger les populations et l’économie nationale
Ces mesures permettront de sécuriser le marché et d’augmenter les recettes publiques.
Véritable levier de développement économique et social
Le secteur des jeux de hasard au Gabon est à la fois ancien et stratégique. Il génère aujourd’hui plusieurs milliards de francs CFA et emploie des centaines de personnes. Cependant, une partie de son potentiel reste inexploité et échappe au contrôle de l’État. La réappropriation annoncée par le Président de la République ouvre une nouvelle ère : celle d’un secteur mieux régulé, plus sûr et plus rentable pour le Gabon et sa population. Cette réforme pourrait transformer les jeux de hasard en véritable levier de développement économique et social, tout en créant des emplois, en protégeant les citoyens et en finançant des projets essentiels pour le pays.