UNE HAUSSE SIGNIFICATIVE DE 11,4 %
Après trois trimestres de recul, l’indice de production de l’agriculture de rente au Gabon a connu une hausse significative de 11,4 % à la fin du second trimestre 2025, marquant un regain de forme pour ce secteur longtemps fragilisé. Selon la note de conjoncture sectorielle de la direction générale de l'économie et de la politique fiscale cette embellie est essentiellement due à une dynamique positive dans les deux principaux segments de production sur la période, mais l’ensemble de l’activité pour le premier semestre reste en recul de 14,8 %, en grande partie à cause de difficultés opérationnelles persistantes chez Agro Business Group (ABG), l’un des acteurs clés du secteur.
Retour aux chiffres : 2024 et 2023
Au deuxième trimestre 2024, les données sectorielles montrent que l’indice de l’agriculture de rente avait connu une amélioration modeste mais insuffisante pour compenser les pertes précédentes, avec des segments comme le palmier à huile affichant des progressions annuelles autour de +12,3 % avant de fléchir plus tard dans l’année.
Pour le deuxième trimestre 2023 précisément, les archives conjoncturelles indiquent une trajectoire de croissance plus stable au sein de certains sous-segments agricoles, même si l’activité du palmier à huile et du caoutchouc montrait déjà des fluctuations importantes selon les conditions climatiques et organisationnelles.
Ces comparaisons sont essentielles pour mesurer le cycle économique du secteur : après un point bas fin 2024, l’indice repart du bon pied au milieu de 2025.
Un secteur structuré mais fragile
Le secteur agricole gabonais emploie près de 30 % de la population active, ce qui représente jusqu’à 40 % des populations rurales directement impliquées dans l’agriculture, malgré une contribution limitée au PIB national.
Le nombre exact d’entreprises agricoles opérant dans le segment de l’agriculture de rente n’est pas systématiquement publié, mais des recensements nationaux recensent plusieurs milliers d’exploitations agricoles formelles et informelles dans tout le pays.
Production annuelle et principales branches de rente
L’estimation de la production annuelle de l’agriculture de rente au Gabon varie selon les années agricoles et les conditions climatiques, mais les cultures de rente les plus significatives incluent :
Caoutchouc naturel (hévéa) – principal produit d’exportation dans ce segment ;
Palmier à huile – deuxième grand contributeur et souvent le plus résilient ;
Cacao et café – présents mais à plus petite échelle, souvent exportés en volumes relativement modestes.
La répartition des parts varie selon les campagnes de production, mais le caoutchouc et l’huile de palme représentent ensemble la quasi-totalité des revenus d’exportation agricole de rente pour le Gabon.
Recettes et contribution budgétaire
Sur les recettes en francs CFA, le secteur de l’agriculture de rente contribue à des milliards de recettes d’exportation chaque année, surtout grâce à la vente de caoutchouc et d’huile de palme sur les marchés internationaux. Par exemple, des baisses de production de caoutchouc ont été estimées comme un manque à gagner d’environ 6 milliards FCFA sur un seul trimestre en 2025.
La contribution directe du secteur de l’agriculture au budget national reste modeste par rapport aux revenus pétroliers, miniers ou forestiers, mais elle demeure importante pour la diversification économique et la création d’emplois en zones rurales.
Signification d’une hausse de 11,4 %
Une hausse de 11,4 % de l’indice de production de l’agriculture de rente signifie que la quantité totale de produits agricoles destinés à l’exportation ou à des marchés commerciaux (comme le caoutchouc ou l’huile de palme) a augmenté de plus de 11 % par rapport au trimestre précédent.
Concrètement, si ce secteur produisait 100 unités de biens agricoles (tonnes, valeur ou index), il en produit maintenant 111,4 , soit une croissance nette.
Pour un secteur qui avait eu des difficultés pendant plusieurs trimestres (reculs, problèmes d’entretien des plantations, défauts logistiques), une telle progression est une véritable bouffée d’oxygène. Cela signifie que la production commence à reprendre du poil de la bête, qu’il y a une embellie dans l’activité, et qu’on se frotte les mains car cette amélioration pourrait rassurer les investisseurs et les agriculteurs. Dans un sens simple, cela veut dire que l’agriculture de rente produit davantage, ce qui peut aider à générer plus de revenus pour les producteurs et pour le pays.
Initiatives gouvernementales depuis août 2023
Depuis août 2023, le gouvernement gabonais a mis en place plusieurs mesures pour redynamiser le secteur agricole, dont notamment :
Renforcement des programmes de soutien aux exploitations agricoles ;
Appui technique et subvention partielle pour l’entretien des plantations clés comme l’hévéa et l’huile de palme ;
Développement d’infrastructures rurales pour faciliter l’accès aux marchés ;
Mise en œuvre de politiques incitatives pour attirer des investisseurs privés dans les chaînes de valeur agricoles.
Ces mesures visent à transformer une agriculture en regain de forme en un secteur durablement compétitif sur les marchés internationaux.