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DES ENSEIGNANTS DÉNONCENT

DES ENSEIGNANTS DÉNONCENT
Bikélé : enseignants du lycée technique dénoncent conditions de travail dangereuses, manque d’infrastructures et matériels pédagogiques, annoncent grève pour défendre dignité professionnelle, sécurité et qualité de l’enseignement au Gabon public national.

Le torchon brûle depuis plusieurs semaines au Lycée Technique de Bikélé, situé à une quinzaine de kilomètres de Libreville, où les enseignants ont décidé de se mobiliser pour dénoncer des conditions de travail jugées épouvantables, mettant en péril tant leur sécurité que la qualité de l’enseignement.


Le Dr Simplice Désiré Mamboula, ministre assurant l’intérim de la tutelle de l’Éducation Nationale, s’est rendu ce lundi dans l’établissement pour une réunion d’échanges avec la communauté éducative, après l’annonce d’un mouvement de grève des enseignants. Autour de la table, figuraient des hauts responsables du secteur éducatif ainsi que Ignace Abessolo Mmombe, porte-parole des enseignants.


« Ce n’est pas une grève pour des salaires »


Devant le ministre, Abessolo a tenu à clarifier la nature du mouvement social :


« Nous avons été pris à la gorge par des conditions de travail qui tournent au vinaigre ; il ne s’agit pas ici de réclamer des augmentations de salaire, mais de préserver la dignité professionnelle et la qualité du service public éducatif »


Les enseignants dénoncent une série de problèmes concrets : l’absence de sécurité dans certaines zones du lycée, un éclairage insuffisant qui rend les ateliers dangereux à la tombée de la nuit, et des sanitaires non fonctionnels, a-t-il expliqué avec gravité. Les effets des fortes pluies rendent aussi certaines zones totalement inaccessibles, contribuant à des risques d’accidents et de chute, surtout pour les élèves se rendant en cours d’ateliers pratiques.


Infrastructures et matériel pédagogique déficients


Au-delà des questions de sécurité, la souffrance des enseignants se traduit aussi par le manque criant de moyens pédagogiques : la salle de dessin technique n’est pas équipée d’ordinateurs et la salle d’informatique est hors service, compromettant gravement la formation des élèves en filières techniques.


« Comment former de futurs techniciens en maintenance ou en TIC quand les outils essentiels à l’apprentissage sont inexistants ? »


s’est interrogé un professeur de sciences industrielles, sous couvert d’anonymat.


Une offre de formation ambitieuse, mais mal servie


Le Lycée Technique de Bikélé, créé officiellement par arrêté en 2021 et ouvert en février de la même année dans le cadre d’un vaste plan d’expansion de l’enseignement technique au Gabon, vise à accueillir plusieurs filières professionnelles pour répondre aux besoins croissants en compétences techniques dans l’économie nationale. 


Depuis sa mise en service, l’établissement a formé plusieurs promotions et prépare au Baccalauréat professionnel dans des domaines tels que la maintenance des véhicules automobiles, l’agriculture, les technologies de l’information et la construction. 


Le lycée fait partie d’un réseau d’établissements techniques au Gabon (comme ceux de Ntoum, Franceville ou Oyem), mais les revendications actuelles montrent que Bikélé n’est pas isolé dans ses difficultés : d’autres lycées techniques nationaux rencontrent aussi des problèmes structurels, bien que plus documentés dans les médias. 


Réponse de l’administration


Face à ces constats, le Dr Mamboula a assuré de sa volonté de travailler « en étroite collaboration » avec tous les acteurs concernés pour chercher des solutions structurelles et urgentes. Il a indiqué qu’il saisirait sa hiérarchie au plus haut niveau pour que les problèmes soulevés soient traités de façon pragmatique, rappelant qu’un lycée technique sans espaces et outils adaptés à l’apprentissage pratique est inacceptable.


Le ministre a réaffirmé l’importance de promouvoir une formation technique qui soit à la hauteur des ambitions du Gabon et conforme à la vision du Chef de l’État pour une jeunesse employable, compétente et prête à contribuer au développement du pays.


Une grève symptomatique d’un malaise  


Ce mouvement s’inscrit dans un contexte de réclamations des acteurs du système éducatif gabonais, où les conditions d’apprentissage font parfois défaut dans plusieurs établissements publics. À une époque où l’enseignement technique est censé être au cœur des politiques de formation professionnelle, les enseignants estiment être pris à bout de souffle, défendant non seulement leurs intérêts mais avant tout la qualité de l’enseignement et l’avenir des élèves.


Quand l’apprentissage vacille


Lorsqu’un établissement scolaire fonctionne dans des conditions déplorables — manque d’outils, d’infrastructures, de sécurité et de personnel —, les conséquences sont lourdes : démotivation du corps enseignant, baisse de l’attractivité des filières techniques, fragmentation des parcours des élèves et risques accrus d’abandon scolaire prématuré. Ces effets se répercutent non seulement sur les résultats académiques, mais aussi sur l’employabilité future des jeunes, au moment où le pays a plus que jamais besoin de compétences techniques solides. 

Par Pamphil

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