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MANIFESTATIONS MEURTRIÈRES AU KENYA : LE PRÉSIDENT RETIRE SON PROJET DE TAXES APRÈS DES VIOLENCES

MANIFESTATIONS MEURTRIÈRES AU KENYA : LE PRÉSIDENT RETIRE SON PROJET DE TAXES APRÈS DES VIOLENCES
Le président kényan William Ruto a annoncé le retrait du très contesté Finance Bill 2024, un projet de loi ajoutant des taxes et la hausse d’impôts, après des manifestations massives et d’affrontements mortels entre policiers et manifestants.





Un projet de loi au cœur de la contestation


Le Finance Bill 2024, introduit en mai dernier, visait à augmenter les recettes fiscales du pays, essentiellement pour réduire le déficit budgétaire et faire face à une dette importante. Parmi les mesures prévues figuraient :




  • de nouvelles taxes sur des biens essentiels,




  • l’introduction d’un eco-levy sur des produits de la vie courante,




  • une hausse de la TVA sur certains articles,




  • des taxes sur les véhicules et d’autres services. 




Le gouvernement affirmait que ces mesures étaient nécessaires pour renforcer les finances publiques et financer des programmes sociaux. Mais pour beaucoup de citoyens, déjà frappés par un coût de la vie élevé, ces taxes étaient inacceptables




Des manifestations qui dégénèrent


À partir du 18 juin, de jeunes Kényans ont commencé à descendre dans les rues, organisés souvent via les réseaux sociaux. Les protestations, d’abord largement pacifiques, ont rapidement pris de l’ampleur dans tout le pays, de Nairobi à Mombasa et Eldoret


Mais du 25 juin à  ce jour, la contestation a atteint un point de rupture :




  • des milliers de manifestants ont envahi l’enceinte du Parlement à Nairobi après le vote en faveur du projet de loi,




  • des sièges parlementaires ont été incendiés,




  • et des affrontements violents ont éclaté entre les forces de l’ordre et les manifestants. 




Les policiers ont utilisé des billes en caoutchouc, du gaz lacrymogène et des tirs à balles réelles dans plusieurs zones. Selon des sources médicales et des organisations locales, au moins 23 personnes ont été tuées dans les heurts et des dizaines d’autres ont été blessées. 




Le président Ruto recule


Face à l’ampleur du mouvement social et à la pression croissante dans la rue, le président William Ruto a finalement annoncé qu’il ne signerait pas la loi de finances 2024, retirant ainsi officiellement le projet de taxes.



« Après avoir entendu le peuple kényan qui a dit haut et fort qu’il ne voulait rien avoir à faire avec ce projet de loi de finances 2024, je m’incline et je ne promulguerai pas ce projet de loi », a déclaré Ruto dans un discours à la télévision nationale. 



Il a également appelé à un dialogue national, notamment avec les jeunes, pour chercher d’autres moyens de redresser l’économie. 




Conséquences sociales et politiques


Même après le retrait du projet, plusieurs voix au Kenya continuent d’exprimer leur mécontentement.
Des manifestants ont appelé à des mobilisations supplémentaires et à la démission du président Ruto, estimant que le recul accompli ne suffit pas à répondre aux attentes populaires. 


Pour certains observateurs, ces événements ont révélé des tensions profondes liées à la gouvernance, aux inégalités et à la crise du coût de la vie dans le pays. 




Bilan humain et sociétal




  • Au moins 23 morts lors des manifestations et des affrontements violents. 




  • Des dizaines de blessés et de nombreuses arrestations. 




  • Une colère populaire alimentée par l’opposition à des taxes jugées injustes et par une frustration plus large envers le gouvernement.









 





 




Par LINA M

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