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CLIMAT : LA BANQUE MONDIALE ALERTE — JUSQU’À 5 % DE PIB PERDU AU GABON D’ICI 2050

CLIMAT : LA BANQUE MONDIALE ALERTE — JUSQU’À 5 % DE PIB PERDU AU GABON D’ICI 2050
Le Rapport national sur le climat et le développement (CCDR) de la Banque mondiale alerte : sans adaptation rapide, le changement climatique pourrait coûter entre 3,5 % et 5,3 % de PIB au Gabon d’ici 2050. Même avec des réformes, le pays resterait exposé, d’où l’urgence d’accélérer la résilience et la diversification économique.

Le Gabon joue gros face au changement climatique. Dans son Rapport national sur le climat et le développement (CCDR), la Banque mondiale dresse un constat net : si le pays ne renforce pas rapidement ses capacités d’adaptation, l’impact climatique pourrait coûter entre 3,5 % et 5,3 % de PIB d’ici 2050 dans un scénario de croissance inchangée.


Même dans l’hypothèse d’un Gabon engagé sur une trajectoire de réformes et de croissance plus solide, la note reste salée : les pertes annuelles resteraient autour de 3,1 % à 4,8 %. Autrement dit, la croissance seule ne suffira pas à absorber le choc climatique.


Pourquoi une telle menace économique ? Le CCDR pointe plusieurs risques majeurs. D’abord la hausse des températures, qui réduit la productivité au travail et accroît les maladies sensibles au climat. Ensuite la variabilité des pluies, avec davantage d’épisodes extrêmes. Enfin, un cocktail dangereux pour les zones urbaines et côtières : inondations récurrentes et érosion du littoral, qui fragilisent infrastructures, logements et activités économiques.


Le rapport insiste aussi sur la vulnérabilité structurelle du pays : l’économie reste très dépendante du pétrole. Cette dépendance expose doublement le Gabon, à la fois aux aléas climatiques et à la transition mondiale vers la décarbonation. Résultat : si rien n’est fait, la pauvreté pourrait gagner près de deux points d’ici 2050, signe que la crise climatique risque de devenir aussi une crise sociale.


Face à cette projection, la Banque mondiale propose trois chantiers prioritaires.




  1. Moderniser les infrastructures et l’environnement bâti, notamment l’énergie et les réseaux, pour résister aux chocs climatiques.




  2. Mieux gérer le capital naturel : foresterie durable, agriculture climato-intelligente, protection de la biodiversité, afin de transformer la richesse écologique en moteur économique.




  3. Investir dans le capital humain : santé, écoles résilientes, protection sociale adaptative, pour protéger les populations les plus exposées.




En clair, le CCDR pose une équation simple : soit le Gabon anticipe et adapte son modèle dès maintenant, soit il paiera la facture climatique en croissance, en emplois et en niveau de vie. L’avertissement est lancé — et la fenêtre d’action se referme.

Par NOEMI KIM

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