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GABON : TAXE D’HABITATION, CHASSE AU GASPILLAGE, 1 441 EMPLOIS… LE CONSEIL DES MINISTRES CHANGE DE BRAQUET

GABON : TAXE D’HABITATION, CHASSE AU GASPILLAGE, 1 441 EMPLOIS… LE CONSEIL DES MINISTRES CHANGE DE BRAQUET
Le Conseil des ministres du 4 décembre 2025 enclenche une nouvelle phase de gouvernance : digitalisation des recettes, taxe forfaitaire d’habitation dès 2026, plafonnement des jetons de présence, audits massifs et PPP propreté urbaine créateur d’emplois. Tour complet des décisions qui redessinent la relance et la discipline budgétaire au Gabon.

Le ton est donné dès l’ouverture : fin de complaisance et accélération de l’action publique. Réuni le 4 décembre 2025 à Libreville, le Conseil des ministres, sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, a acté une série de mesures destinées à reprendre le contrôle de l’État, élargir les recettes et couper dans les dérives. Le Président alerte sur une corruption encore trop présente dans l’administration et annonce une ligne dure : toute compromission sera sanctionnée immédiatement.


Dans ce contexte, l’exécutif enclenche un virage financier majeur : la digitalisation accélérée de la collecte des recettes. Le ministre de l’Économie est chargé de déployer rapidement le Système intégré de gestion des finances publiques, une plateforme unique adossée au Trésor pour centraliser paiements fiscaux, non fiscaux et douaniers. Objectif affiché : une chaîne 100 % dématérialisée, plus transparente et plus efficace. 


Autre décision qui va toucher directement les ménages (et les entreprises) : l’instauration d’une taxe forfaitaire d’habitation. Applicable à l’ensemble des logements, résidentiels comme professionnels, elle sera prélevée mensuellement via la facture d’électricité, la SEEG jouant le rôle de collecteur. Les zones rurales seront exonérées dans une première phase. La mesure doit entrer en vigueur en 2026, avec un rendement attendu d’environ 2,8 milliards FCFA.Mais le communiqué ne s’arrête pas à “faire entrer de l’argent” : il vise aussi à stopper l’hémorragie des dépenses. Le gouvernement s’attaque aux satellites de l’État (services publics personnalisés, autorités administratives indépendantes), accusés de multiplier les conseils et d’alourdir la note en jetons de présence. Décision : maximum trois conseils d’administration par an, et plafonnement strict des jetons selon le statut de chaque structure. Un cadre normatif de gouvernance sera présenté rapidement.


Sur le front économique extérieur, le Conseil constate un déficit lié à la baisse des exportations et surtout au rapatriement insuffisant des devises, en décalage avec la réglementation CEMAC. Résultat : lancement d’un plan d’action conjoint avec la BEAC pour stabiliser les réserves extérieures dès le 1er semestre 2026.


La partie la plus explosive du communiqué reste toutefois la reprise en main de la gestion publique à travers les audits. Dans l’Estuaire, 91 baux administratifs coûteux ont été passés au crible : bâtiments inoccupés, vétustes, loyers surévalués, impayés fiscaux… Le Conseil ordonne la résiliation ou renégociation des contrats, la régularisation fiscale et le recouvrement des montants dus, avec une économie potentielle estimée à plus de 8,3 milliards FCFA par an, et exige l’extension de l’audit à tout le pays.


Même logique avec le recensement du patrimoine immobilier de l’État : 878 parcelles identifiées, occupations illégales, réserves foncières squattées, et un parc bâti largement dégradé. Le message est clair : récupération des biens publics et assainissement foncier. 


Autre fuite budgétaire dénoncée : les consommations d’eau et d’électricité des bâtiments publics. L’inventaire relève des compteurs délabrés, des branchements directs anarchiques et des pics anormaux de facturation. Le Conseil demande des mesures coercitives et un contrôle rigoureux pour stopper ces surcoûts.


Côté relance et emplois, le gouvernement valide un PPP de propreté urbaine avec le groupement gabonais EZONA pour Libreville, Owendo, Akanda et Ntoum. Le contrat porte sur le balayage/lavage mécanisé, curage des caniveaux, enlèvement des encombrants et entretien des axes. À la clé : 1 441 emplois directs, dont 500 dès la phase de lancement.


Sur les projets financés par les partenaires extérieurs, le Conseil décide un recalibrage musclé : restructuration des projets peu performants, création d’un Comité national de pilotage, secrétariat technique unique et rattachement direct des chefs de projets aux ministres sectoriels, pour en finir avec les retards de décaissement et la duplication des interventions. 


Enfin, plusieurs textes structurants sont actés. Le gouvernement valide la création de la Société Lancaster Ré-Ndama, société d’économie mixte chargée d’acquérir, rénover et exploiter l’hôtel Ré-Ndama sous la marque Lancaster afin de repositionner Libreville sur le tourisme haut de gamme.


Il entérine aussi des réformes institutionnelles (habilitation du Président à légiférer par ordonnances en intersession, réorganisation du CESEC) et une réforme sociale via le réajustement des paramètres de pensions et cotisations pour sécuriser l’équilibre de la CNSS.

Par LINA M

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