tvplusafrique

Société

PANIQUE ET EXCUSES OFFICIELLES

PANIQUE ET EXCUSES OFFICIELLES
La semaine dernière, une vidéo diffusée par le Dr Wenceslas Yaba, coordonnateur général du Samu social gabonais, a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, créant une onde de choc.

Une annonce virale qui suscite la panique


La semaine dernière, une vidéo diffusée par le Dr Wenceslas Yaba, coordonnateur général du Samu social gabonais, a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, créant une onde de choc parmi la population. Dans cette séquence devenue virale, le médecin avertissait d’un prétendu « retour de la COVID » au Gabon, déclarant :


« La COVID est de retour. Cette fameuse grippe qui a vécu trois semaines, qui est là, c'est la COVID. COVID Frankenstein, un variant récent, qui n'est pas aussi létal que les autres, mais qui est tout à fait dangereux. Donc il faut les mesures barrières, se laver les mains partout, gérer l'alcoolique, et avoir la barbelle dans les lieux publics »


Les internautes, déjà sensibles aux informations liées à la pandémie, ont partagé massivement la vidéo, amplifiant un sentiment de peur et d’urgence. Certains établissements scolaires et lieux publics ont enregistré une affluence inhabituelle de citoyens cherchant à se protéger, tandis que les pharmacies rapportaient une demande accrue de masques et de gels hydroalcooliques.


Cette communication a fait boule de neige sur les réseaux puisqu'émanant d'un professionnel de santé respecté. L’effet domino provoqué par cette annonce non coordonnée a semé la confusion dans une population déjà soucieuse de sa sécurité sanitaire.


Le démenti officiel du ministère de la Santé


Face à cette panique grandissante, le ministère de la Santé a rapidement réagi. Dans un communiqué officiel publié le 30 novembre 2025, l’institution a tenu à clarifier la situation et à rappeler l’importance de s’en tenir aux informations institutionnelles :


« Le Ministère de la Santé, conscient des inquiétudes suscitées par certaines informations relayées sur les réseaux sociaux, tient à rassurer l’ensemble de la population : la situation épidémiologique nationale demeure sous contrôle et ne présente aucun caractère alarmant. […] À ce jour, la Covid-19 présente un caractère endémique dans notre pays et ne constitue pas une urgence de santé publique. Le Ministère recommande aux personnes présentant des symptômes : le port du masque dans les lieux publics, le lavage régulier des mains, et l’adoption des gestes de prévention habituels. »


Le ministère a ainsi précisé que les cas recensés étaient majoritairement liés à la grippe saisonnière et que la COVID-19 ne représentait pas une recrudescence préoccupante. Cette intervention a permis de recadrer le débat et de rappeler à la population que seul le gouvernement, via ses instances sanitaires, est habilité à déclarer officiellement une pandémie.


Les excuses publiques de Dr Wenceslas Yaba


Face à la controverse et aux critiques, Dr Wenceslas Yaba a fini par réagir. Dans une déclaration publiée le 1er décembre 2025, le médecin a reconnu son erreur et présenté ses excuses à la population :


« Dans une vidéo diffusée la semaine dernière et devenue virale, j’ai eu malencontreusement à communiquer sur la COVID en affirmant que cette pandémie sévissait de nouveau dans notre pays. Les chiffres donnés hier, dimanche 30 novembre 2025, par le Ministère de la Santé démontrent qu’il n’en est rien. Il revient en effet au Gouvernement, en particulier au Ministère de la Santé, de décréter officiellement l’existence d’une pandémie. […] Aussi, je tiens à présenter mes excuses à celles et à ceux que ma communication a pu heurter, tout en réitérant qu’il faut s’en tenir aux communications du Ministère de la Santé en la matière »


Cette confession, teintée de honte, souligne l’importance d’une coordination entre les autorités sanitaires et les professionnels de santé avant toute communication publique. Le Dr Yaba a mangé son chapeau. Il  a rappelé l’importance du respect scrupuleux des gestes barrières et de la vigilance individuelle, tout en soulignant que la situation demeure sous contrôle.


Conséquences d’une communication non coordonnée


Cet épisode met en lumière les effets pervers d’une information non coordonnée dans le domaine sanitaire. Une annonce imprécise ou prématurée, même faite avec de bonnes intentions, peut générer :




  • Confusion : Les citoyens peinent à distinguer les informations officielles des alertes individuelles.




  • Panique : L’effet viral des vidéos et publications sur les réseaux sociaux peut provoquer une psychose collective.




  • Perte de confiance : La population peut devenir méfiante envers les institutions et leurs messages futurs.




Les experts en communication de crise rappellent que la cohérence et la vérification des informations sont indispensables pour maintenir la crédibilité des messages de santé publique. Un professionnel de santé, même reconnu, ne doit pas se substituer aux organes officiels de déclaration des alertes épidémiques.


Un rappel à la prudence et à la responsabilité


Le Gabon, comme de nombreux pays, reste attentif à l’évolution de la COVID-19 et des autres infections respiratoires. L’épisode Dr Yaba démontre que la sensibilisation du public ne suffit pas : la communication doit être précise, vérifiée et coordonnée. Les gestes barrières et la vigilance restent essentiels, mais ils doivent s’accompagner de sources fiables et d’informations claires.


Le ministère de la Santé conclut son message en appelant la population à ne pas céder à la panique et à continuer de faire confiance aux autorités sanitaires, tandis que Dr Wenceslas Yaba réaffirme son engagement à soutenir ces communications institutionnelles :


« La sensibilisation sauve des vies, revenons au respect scrupuleux des gestes barrières dans les lieux publics, le temps que le pic épidémique soit atteint. Ce message est un message de prévention », a-t-il déclaré.


En définitive, ce scandale rappelle à tous que, dans une ère de viralité numérique, chaque mot compte et que la coordination des messages de santé publique est plus fondamentale que jamais.






Par Pamphile EBO

Top Articles