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PLUSIEURS FILIÈRES FRAGILES

PLUSIEURS FILIÈRES FRAGILES
Mais derrière cette apparente unité politique, des voix s’élèvent pour alerter sur les risques que comporte ce budget, notamment pour une filière forestière déjà en grande difficulté.

Adopté à l’unanimité par le Sénat de la transition, le projet de loi de finances (PLF) 2026 poursuit désormais son chemin vers la mise en œuvre. Mais derrière cette apparente unité politique, des voix s’élèvent pour alerter sur les risques que comporte ce budget, notamment pour une filière forestière déjà en grande difficulté. Car si les sénateurs ont validé le texte dans les mêmes termes que l’Assemblée nationale, ils ont tenu à y associer plusieurs réserves, révélant des tensions profondes autour de la politique fiscale du gouvernement.


Au cœur de leurs inquiétudes : la revalorisation des droits et taxes de sortie sur les produits forestiers. Les élus demandent au gouvernement de revoir ces taux à la baisse — 10 % au lieu de 15 % pour la première transformation, 6 % au lieu de 10 % pour la deuxième et 3,5 % pour la troisième. Selon eux, ces niveaux de taxation risquent « d’alourdir excessivement » les charges d’un secteur déjà fragilisé par la chute de la demande internationale, la fermeture de certaines usines et les difficultés logistiques persistantes. Certains parlent même de mesures « destructrices », susceptibles d’entraîner de nouvelles fermetures d’entreprises.


Cette inquiétude tranche avec l’unanimité affichée lors du vote. Une unanimité qui peut apparaître davantage symbolique que réelle dans un contexte de transition où les contre-pouvoirs demeurent limités. Les parlementaires, bien qu’en accord sur les orientations générales du PLF, semblent craindre qu’un budget présenté comme transformateur ne se traduise dans les faits par une pression fiscale accrue sur des filières déjà exsangues.


Le gouvernement, de son côté, défend un budget « responsable et ambitieux », fondé sur la discipline, la transparence et un financement sans risque pour les réserves de change, selon le ministre d'État Henri-Claude Oyima. Le PLF 2026 prévoit une croissance de 6,5 %, un budget global de 6 658,2 milliards de francs CFA et plus de 2 119 milliards d’investissements destinés à stimuler l’économie hors pétrole.


Mais ce décalage entre discours de modernisation et réalités économiques pourrait bien entacher la cohérence d’un budget présenté comme le pilier de la transformation nationale. « Derrière l’unanimité apparente, c’est l’étouffement d’un secteur vital qui inquiète », confie un sénateur. Une inquiétude qui pourrait annoncer d’autres débats dans les mois à venir.


 

Par Pamphile EBO

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