LARGEMENT DÉPENDANT
Malgré des ambitions clairement affichées en matière de développement agricole, le Gabon demeure fortement dépendant des importations pour nourrir sa population. Chaque année, près de 70 000 à 80 000 tonnes de poulet de chair sont acheminées sur le marché national, en plus d’importantes quantités de produits alimentaires essentiels. Cette situation met en exergue les défis persistants auxquels fait face la stratégie nationale destinée à atteindre la souveraineté alimentaire.
Dans ce contexte, Athman MRAVILI, Coordonnateur du Bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique centrale, a été reçu à Libreville pour échanger sur les voies possibles d’une transition agricole plus solide. Il a rappelé la disponibilité de son organisation à appuyer les initiatives nationales, notamment dans les domaines agricoles et climatiques.
“À ce sujet, toutes les organisations, toutes les forces au vivre doivent travailler ensemble pour accompagner le gouvernement dans cet esprit et accompagner aussi les producteurs à entamer cette nouvelle phase de protection nationale. On a parlé d'agriculture donc, on a parlé des questions climatiques et on a parlé aussi des relations traditionnelles fortes et importantes entre la FAO et le gouvernement du Gabon”
a déclaré Athman MRAVILI.
Parmi les projets en cours, la FAO soutient le lancement d’un programme pilote dans la province de la Ngounié, destiné à devenir un modèle reproductible dans d’autres régions. L’objectif est de renforcer progressivement la production nationale de poulets de chair, afin de réduire la facture des importations et de consolider des filières locales capables de répondre aux besoins du marché intérieur.
La jeunesse occupe une place centrale dans cette dynamique de transformation agricole. Plusieurs dispositifs ont été mis en place pour encourager son implication, ainsi qu’un fonds de cinq milliards de FCFA destiné à soutenir les initiatives entrepreneuriales. Toutefois, l’engouement reste encore limité, ce qui souligne la nécessité d’un accompagnement renforcé, tant en matière de formation que de professionnalisation.
Au terme des échanges, les partenaires ont réaffirmé leur volonté commune de bâtir un modèle agricole plus performant, plus résilient face au changement climatique et véritablement orienté vers l’autonomie alimentaire. Malgré la volonté politique et les efforts engagés, la route vers l’autosuffisance demeure longue, marquée par une dépendance persistante aux importations qui continue de peser sur l’économie nationale.