LA SOUTENABILITÉ DE SES FINANCES
Le gouvernement gabonais a présenté devant la Commission des finances du budget et des comptes économiques de la nation le projet de loi de finances (PLF) 2026, défendu hier par le ministre d’État, Henri-Claude Oyima. Avec un montant global de 6 658,2 milliards de francs CFA, ce budget ambitionne de soutenir la croissance économique tout en préservant la stabilité financière du pays.
Selon le ministre, ce PLF repose sur cinq principes : discipline, méthode, projets, financement sans risque pour les réserves de change, et transparence. L’objectif affiché est de concilier prudence et ambition. Le taux de croissance attendu de 6,5 % s’appuie principalement sur le dynamisme du secteur hors pétrole, soulignant la volonté de diversifier l’économie gabonaise.
Le projet de budget prévoit des recettes brutes de 4 327,2 milliards de francs CFA, ramenées à 3 666,1 milliards après prélèvements. Cependant, les besoins de financement restent significatifs, estimés à 2 119 milliards de francs CFA, dont 2 000 milliards destinés au service de la dette. Cette proportion importante interroge sur la soutenabilité à long terme de la dette publique, surtout si les recettes n’augmentent pas comme prévu.
L’équilibre entre ambition et prudence se manifeste aussi dans la prise en compte du projet de société du Chef de l’État, évalué à 10 000 milliards de francs CFA sur cinq ans, soit une moyenne annuelle de 2 000 milliards. Le PLF 2026 prévoit un effort particulier dès la première année pour accompagner les investissements déjà engagés. Ce choix traduit la volonté de stimuler l’investissement public tout en restant vigilant sur la préservation des réserves de change.
Comparé aux budgets précédents, ce PLF marque une évolution notable dans la stratégie économique : priorité à la diversification, accroissement du financement des projets structurants et maintien d’une discipline budgétaire stricte. Le défi sera de maintenir cet équilibre entre croissance et maîtrise des dépenses, alors que le poids de la dette reste élevé.
En somme, le PLF 2026 reflète une ambition économique claire mais impose une rigueur dans sa mise en œuvre pour éviter que le service de la dette n’érode les marges de manœuvre financières du pays. Le Gabon mise ainsi sur une croissance durable, tout en gardant un œil attentif sur sa soutenabilité budgétaire.