FEG ET MEDEF
La signature de la convention entre la Fédération des Entreprises du Gabon (FEG) et le Mouvement des Entreprises de France (MEDEF) a pris une dimension toute particulière après la visite du président français. Ce protocole a pour ambition de renforcer un partenariat longtemps évoqué mais souvent resté sur le papier.
La rencontre s’est voulue un véritable cadre d’échange, où la parole cède la place à l’engagement. La FEG a mis sur la table un sujet sensible : les refus fréquents des visas aux hommes d’affaires gabonais, reproche lourd de sens qui, selon elle, compromet le caractère gagnant‑gagnant de ce partenariat.
Des mots forts pour un nouveau départ
« Nous ne venons pas chercher des faveurs », a affirmé le président de la FEG, Alain-Claude Kouakoua ajoutant sans détour que « Nous ne demandons pas l’assistance mais des alliances solides, respectueuses et mutuellement bénéfiques. Le Gabon dispose d’atout majeurs, une stabilité politique retrouvée, une économie en modernisation, des ressources naturelles abondantes et surtout une volonté affirmée de faire différemment. La France pour sa part dispose d’une expertise reconnue d’entreprises innovantes et de savoir faire plaisir dans les domaines où nos besoins sont les plus pressants. Ces forces respectives sont complémentaires et doivent désormais s’unir donner naissance à des projets concrets visibles, profitables à l’Union ».
À ses côtés, Philippe Labonne, président du Comité Afrique du MEDEF, a renchéri : « L’idée n’est pas d’arriver avec une solution et de l’imposer à son partenaire, mais bien d’identifier une opportunité et de partager la conception, le financement, la mise en œuvre et ensuite les fruits du projet »
Un club d’affaires gabono‑français en création
La possible convergence d’intérêt entre Paris et Libreville, mise en lumière par cette rencontre, a débouché sur la création d’un club d’affaires gabono‑français. Ce nouvel espace se veut un baromètre de confiance pour le renouveau du partenariat, un lieu où les idées pourront se transformer en projets concrets.
Ce club représente une belle carte à jouer pour donner vie à des initiatives industrielles, logistiques ou agroalimentaires — des domaines de prédilection identifiés comme prioritaires. L’objectif est de transformer les bonnes intentions en actes, avec un pain sur la planche conséquent pour bâtir un partenariat réellement équilibré.
Contexte et continuité des échanges
Cette signature s’inscrit dans une dynamique déjà amorcée. En effet, le MEDEF International, en collaboration avec la FEG, avait tenu un forum économique en mai 2024, qui avait permis de mobiliser d’importants engagements financiers en faveur du Gabon.
Plus récemment, en juin 2025, une délégation du MEDEF a été reçue par le ministre gabonais de l’Industrie, pour une nouvelle phase de prospection dans des secteurs stratégiques comme l’agroalimentaire ou l’agroforesterie.
Ainsi, cette convention et la création du club d’affaires relancent la coopération dans un contexte renouvelé, mais c’est bien là que le bas blesse : pour que les promesses concrètes voient le jour, il faudra que les engagements soient suivis d’actes.