GABON REVIENT BREDOUILLE
Les Jeux de la solidarité islamique se sont déroulés du 7 au 21 novembre 2025 à Riyad, en Arabie saoudite. Plusieurs nations africaines de l’Organisation de la coopération islamique y ont brillé, décrochant médailles, records et performances remarquables. Pour le Gabon, la participation en taekwondo s’est malheureusement révélée décevante, confirmant une mauvaise passe déjà perceptible lors des dernières sorties internationales.
Une compétition bâclée pour la délégation gabonaise
À Riyad, seuls deux athlètes représentaient le Gabon en taekwondo : Amar Cissé, capitaine de la sélection, et Sani Catalia, engagée chez les moins de 63 kg. Le troisième taekwondoïste annoncé, Moussa Marc (-74 kg), a lui aussi combattu durant la première journée de compétition, sans parvenir à franchir son premier tour.
Les trois combats gabonais se sont soldés par des défaites nettes, laissant la sélection rentrer au pays sans médaille. Une situation frustrante, qui illustre la marche trop haute que représentent aujourd’hui les standards internationaux pour des athlètes pourtant pétris de talent mais souvent mal accompagnés.
Interrogé au lendemain des éliminations, le sélectionneur adjoint Emmanuel Mba Ndong a tenté de garder un ton constructif malgré la déception.
« La compétition s’est déroulée en deux jours pour nos athlètes. Moussa Marc est entré en lice le 15 novembre et n’a pas réussi à obtenir une breloque. Il faut dire que nous sortons tout droit des championnats du monde où nous avions déjà fait face à des adversaires très expérimentés. Nous retrouvons ici les mêmes profils. Les conditions de préparation restent difficiles pour nous, mais cela ne doit pas nous empêcher de progresser »
Des résultats en berne depuis plusieurs mois
La contre-performance de Riyad s’inscrit dans une série d’échecs qui témoignent d’une dynamique inquiétante. Voici les trois dernières participations internationales des taekwondoïstes gabonais hors du pays :
Championnat d’Afrique 2025 – Le Caire (Égypte) :
Aucun Gabonais n’a atteint le dernier carré. Amar Cissé a été éliminé en huitièmes de finale, tandis que Sani Catalia a perdu son premier combat.
Open international du Nigeria 2024 – Lagos :
Une petite lueur avec un quart de finale pour Moussa Marc, mais les autres combattants ont été sortis dès les premiers tours.
Jeux Africains 2024 – Accra (Ghana) :
Le Gabon avait déjà essuyé un revers important : trois défaites en trois combats, aucun podium, et un staff déjà préoccupé par la préparation insuffisante.
Ces résultats confirment que le taekwondo gabonais traverse une période délicate, loin des ambitions affichées il y a encore quelques années.
Renforcer les compétences pour relever la tête
Du côté du staff, l’heure est à la remise en question. Les entraîneurs reconnaissent que le problème n’est pas uniquement sportif mais aussi matériel et organisationnel.
« C’est la réalité qui nous rattrape. Nous manquons d’accessoires d’entraînement modernes alors que les autres pays en ont à profusion. Certains athlètes étrangers s’entraînent six heures par jour, matin et soir. Chez nous, il faut jongler avec les études, le travail et les horaires. Nous devons aussi suivre des formations internationales pour améliorer nos méthodes »
S’aligner sur les standards internationaux
Si plusieurs nations africaines ont brillé à Riyad, le Gabon doit maintenant accélérer sa modernisation. L’exemple des Jeux de la solidarité islamique en 2022 à Konya, où des délégations africaines avaient récolté un nombre record de médailles, montre que la réussite est possible avec une préparation rigoureuse et un accompagnement solide.
Pour espérer rivaliser lors des prochaines échéances, les encadreurs gabonais appellent à un sursaut collectif. À leurs yeux, seule une montée en gamme permettra de replacer le Gabon en dehors des valeurs défendues par Pierre de Coubertin : l'essentiel c'est de participer.