À QUOI SERT D’ORGANISER ?
La question se pose avec insistance : à quoi sert d’organiser un championnat national après la CAN ? Le calendrier du prochain National Foot 1, dévoilé le 21 novembre 2025, prévoit une reprise entre le 19 et le 24 janvier 2026. Autrement dit, la première division gabonaise ne commencera qu’après la Coupe d’Afrique des nations, programmée au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026. Et c’est là que le bât blesse.
En principe, une équipe nationale est le reflet direct de son championnat. Les joueurs locaux constituent très souvent la base sur laquelle un sélectionneur peut construire un effectif solide et équilibré. Quand il n’y a pas de championnat, il n’y a tout simplement pas de réservoir de joueurs. Si le Gabon souhaitait se présenter à la CAN 2025 avec la totalité de ses meilleurs éléments, expatriés comme locaux, il aurait fallu que le National Foot 1 soit relancé bien avant la compétition continentale.
Organiser ce championnat après la CAN risque donc de lui enlever une grande partie de son sens sportif. Le sélectionneur des Panthères, Thierry Mouyouma, risque de l’avoir particulièrement en travers de la gorge. Faute de joueurs locaux en jambe, il devra se rabattre sur des expatriés évoluant parfois en troisième, quatrième ou cinquième division européenne, loin du niveau de compétitivité attendu à la CAN. Pour lui, cette décision ressemble clairement à une douche froide. Son appel à relancer la compétition plus tôt n’a visiblement pas été entendu.
Pour beaucoup d’observateurs, cette décision est une étrange innovation des autorités sportives gabonaises, mais surtout comme une très mauvaise stratégie. D’importantes ressources publiques seront mobilisées pour un championnat qui n’aura aucun impact sur la compétition la plus suivie du pays, celle qui fait vibrer des millions de supporters.
Pourquoi sacrifier le National Foot 1 alors que le financement n’est pas censé être un obstacle au Gabon ? Au lieu de permettre aux joueurs locaux de se montrer, de progresser et d’attirer des opportunités en Europe grâce à l’exposition de l’équipe nationale, cette organisation tardive risque de les condamner à tourner en rond, sans visibilité cette saison 2025-2026.