DEMANDE DE MISE EN LIBERTÉ DE SARKOZY
La cour d’appel de Paris se penche ce lundi 10 novembre 2025 sur une audience hors norme : la demande de mise en liberté de Nicolas Sarkozy, incarcéré depuis plusieurs jours à la prison de la Santé. Une première dans l’histoire de la Ve République, qui continue de secouer le monde politique et judiciaire français.
L’ancien président, condamné pour association de malfaiteurs dans le cadre du dossier des financements libyens, a été placé sous mandat de dépôt assorti d’une exécution provisoire. Cette décision rare pour un ancien chef d’État a suscité un vif débat sur la proportionnalité de la mesure et la symbolique de l’emprisonnement d’un ex-président de la République.
L’audience, publique, se tient dans l’ancien palais de la Cité, au cœur de Paris. Nicolas Sarkozy n’y est pas physiquement présent : conformément à la procédure, les détenus faisant appel de leur détention ne sont pas extraits de prison. Il comparaît donc en visioconférence depuis sa cellule, sauf changement de dernière minute. Le président de la cour d’appel ouvrira l’audience en lui demandant de confirmer son identité, avant de rappeler les faits et la peine prononcée.
Les avocats de la défense, Maîtres Christophe Ingrain et Jean-Michel Darrois, tenteront de convaincre la cour que la détention de leur client n’est ni nécessaire ni justifiée. Ils entendent démontrer que les conditions de la détention provisoire, définies par l’article 144 du code de procédure pénale, peuvent être respectées dans le cadre d’un contrôle judiciaire strict. Interdiction de contact avec les autres mis en cause, maintien sur le territoire national ou port d’un bracelet électronique : plusieurs options sont sur la table.
L’avocat général présentera ensuite ses réquisitions, dont le contenu reste incertain. Il pourrait s’opposer à la remise en liberté, au nom de la préservation des preuves ou de la prévention de concertations entre les protagonistes du dossier, ou au contraire s’y montrer favorable.
Le président de la cour d’appel pourra poser des questions complémentaires aux parties, et Nicolas Sarkozy aura la parole en dernier s’il le souhaite. La décision pourrait être rendue dès ce lundi. En cas de libération, l’ancien chef de l’État retrouverait la liberté dans la journée, sous conditions ou non.
Mais cette étape n’est qu’une escale dans le long chemin judiciaire de l’ex-président. Déjà condamné dans l’affaire des écoutes, il connaîtra le 26 novembre prochain la décision de la Cour de cassation dans le dossier Bygmalion.