LA TENSION MONTE PARMI LES HABITANTS

Au PK7, derrière la station, l’atmosphère est lourde. Les habitants vivent dans l’angoisse, la tête basse, ne sachant plus à quel saint se vouer. Depuis plusieurs années, leurs maisons sont menacées par un projet de construction de route. Un projet qui, selon eux, est devenu une véritable épine dans leur quotidien. En cette saison des pluies, la situation devient encore plus intenable : les cours d’eau sont inondées, les murs s’effritent, et la peur au ventre, chacun se demande quand les bulldozers viendront frapper à leur porte.
Tout a commencé en 2014, quand les autorités ont annoncé la construction d’une route censée améliorer la circulation et le passage des eaux usées. Des techniciens étaient passés, des marquages avaient été faits, puis plus rien. Depuis, les habitants vivent dans l’incertitude.

« Je suis ici depuis 2006. Ils avaient promis de casser, mais on attend toujours. Si on retape nos maisons et qu’ils viennent tout démolir, on aura tout perdu »
raconte une résidente, visiblement déboussolée.
Le quartier fait grise mine
Le quartier fait grise mine. Les ruelles, déjà étroites, sont en partie submergées par les eaux stagnantes. Les enfants jouent les pieds dans l’eau, pendant que les parents tentent de protéger tant bien que mal leurs biens. L’humidité ronge les murs, les reptiles envahissent les maisons, et les maladies guettent.
« Nous vivons dans l’eau, sans canalisation. Rien n’a été fait depuis la période de la transition. Nous sommes pris à la gorge »
se désole un père de famille.
L’attente est devenue une véritable traversée du désert. Les habitants se sentent abandonnés, pris en tenaille entre un projet de l’État qui n’avance pas et des conditions de vie qui se dégradent. L’étau se resserre autour d’eux : d’un côté, les pluies détruisent peu à peu leurs habitations ; de l’autre, la menace de démolition plane toujours.

« On file du mauvais coton ici. Chaque saison des pluies est un cauchemar »
confie une mère de trois enfants.
Ils n’ont reçu aucune compensation
Pour beaucoup, cette situation est une double peine. Non seulement leurs maisons risquent d’être détruites, mais ils n’ont reçu aucune compensation.
« Depuis qu’ils ont marqué nos murs, on n’a plus le courage de rénover. On vit avec la peur »
Certains disent qu’ils en ont gros sur le cœur ; d’autres parlent d’une vie « en panne », suspendue à une décision gouvernementale qui tarde à tomber.
Le manque d’informations officielles ajoute à la confusion. Une délégation serait passée récemment pour
« évaluer le terrain »
mais les habitants restent sans nouvelles concrètes.
« Nous voulons juste savoir ce qu’ils vont faire. Qu’ils nous disent la vérité »
réclame une femme, la mine d’enterrement.

L’angoisse est à son paroxysme
Au PK7, la colère et la résignation se mêlent. La population, à bout de souffle, demande des mesures urgentes pour éviter que cette situation ne tourne au drame. Dans ce quartier où la pauvreté gagne du terrain, l’angoisse est à son paroxysme.
