FORAGES, SOLUTION AUX PÉNURIES ?
Dans plusieurs quartiers de la capitale gabonaise, les robinets sont à sec. Les coupures d’eau, devenues quasi quotidiennes, rythment désormais la vie de nombreuses familles. Se laver, cuisiner ou simplement boire relèvent parfois du défi. Une situation intenable que beaucoup ne supportent plus.
« Parce qu’en ce moment, la SEEG n’a plus la capacité de nous fournir de l’eau potable »
déplore un habitant du quartier Nzeng-Ayong.
« Donc l’État doit investir massivement de ce côté. On a vraiment besoin de ça, ici au Gabon »
poursuit-il, visiblement excédé.
La Société d'énergie et d’eau du Gabon (SEEG), seule sur le marché, peine à répondre à la demande croissante.
« L’État n’a qu’à diversifier et confier la gestion de l’eau et de l’électricité à d’autres investissements »
regrette un autre résident.
« La SEEG n’a pas concurrence ici au Gabon »
Pour certains, l’arrivée d’acteurs privés pourrait apporter une bouffée d’oxygène à un secteur asphyxié.
« On a besoin d’autres sociétés avec une nouvelle expertise qui pourraient apporter une solution durable »
plaide un entrepreneur local.
Aujourd’hui, quelques entreprises comme Origen, Soboleco (Andza) ou Sobraga (Akewa) tentent de proposer des alternatives. Mais la population reste méfiante.
« Qu’est-ce qui nous prouve que cette eau est vraiment potable ? »
s’interroge une mère de famille, qui fait grise mine en montrant ses bidons d’eau jaunâtre.
Les habitants attendent toujours que l’eau coule de nouveau de leurs robinets
Face à ces pénuries, les forages se multiplient, surtout dans les zones rurales. Ces installations permettent d’accéder directement aux nappes souterraines et d’alimenter les ménages.
« Oui, je pense que c’est une solution durable face aux pénuries du Gabon »
confie un technicien.
« C’est vraiment profitable pour les populations qui n’ont pas accès, par exemple, au camp public, à la SEEG. »
Mais cette option a un coût : chaque forage nécessite un entretien régulier pour éviter la contamination de l’eau, faute de quoi les usagers pourraient vite s’en mordre les doigts.
Pour les spécialistes, le pays dispose pourtant d’un important potentiel hydro-géologique encore sous-exploité.
« Avec une meilleure planification et une gestion durable, les forages pourraient offrir une réponse concrète à la crise de l’eau »
estime un expert. Les autorités sauront-elles transformer les promesses en actions ? Car sans une réelle volonté politique, c’est peine perdue.