QUATRE PRÉTENDANTS POUR UNE MAIRIE
À mesure que s’approche l’élection du Maire Central de Libreville, la tension monte dans les rangs de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), le parti du Président Brice Clotaire Oligui Nguema. Quatre figures se disputent le fauteuil tant convoité : Sylvie Kotha épouse Nzamba, Serge William Akassaga Okinda, Léandre Nzue et Eugène M’Ba. Dans cette bataille aux allures de finale où les ambitions s’entrechoquent, les alliances se font et se défont, la moindre déclaration peut tourner au vinaigre.
Sylvie Kotha : la novice dans l’arène
Ancienne députée du 3e arrondissement, Sylvie Kotha épouse Nzamba fait figure de nouvelle venue dans le monde municipal. Son atout principal ? Une image encore intacte, loin des scandales et des « casseroles » qui traînent derrière certains de ses rivaux. Si certains observateurs jugent qu’elle doit encore se « faire les dents » sur les réalités locales, d’autres estiment qu’une femme à la tête de Libreville serait un symbole fondamental à l’ère de la 5e République. On ne vend pas très chère la candidature de la néophyte face à des rivaux rompus aux joutes municipales.
Akassaga Okinda : le sulfureux candidat
Ancien maire du 3e arrondissement, puis premier adjoint à la mairie centrale, Serge William Akassaga Okinda traîne derrière lui un lourd passé politique. Déjà éclaboussé par plusieurs scandales, notamment l’affaire de l’acte de naissance « douteux » d’Ali Bongo Ondimba et cette fameuse vidéo où il malmène un policier en tenue, l’homme peine à se refaire une virginité politique. Malgré cela, il reste redouté pour sa maîtrise des rouages municipaux. Son passage à la mairie centrale aurait laissé quelques bons souvenirs. Ses détracteurs, eux, estiment qu’il représente la pierre d’achoppement d’une UDB qui veut se présenter comme une force de renouveau.
Léandre Nzue : un passé encombrant
Maire de Libreville pendant deux ans avant d’être rattrapé par des accusations de malversations financières, Léandre Nzue tente lui aussi de revenir dans la course. Son mandat écourté et sa célèbre phrase, « Tout ce que je fais en tant que maire, c’est pour faire élire Ali Bongo Ondimba en 2023 », sont restés dans les mémoires. Certains pensent qu’il s’est éjecté du siège à cause d’une machine politico-administrative qui l’avait broyé, tandis que d’autres rappellent que sa gestion avait laissé un goût amer. Son retour sur le devant de la scène est très attendu.
Eugène M’Ba : l’homme du rebond
Ancien banquier reconverti en politique, Eugène M’Ba avait brièvement occupé le poste de Maire Central après la chute de Nzue. Son passage n’a duré que six mois, avant qu’il ne soit contraint à la démission dans des conditions troubles. Son principal fait d’arme : avoir tenté de remplacer la Directrice Générale des Finances de la mairie, belle-mère d’un proche de Noureddine Bongo Valentin. Cette décision lui aura valu bien des ennuis. La mort dans l’âme, il avait rédigé la lettre de démission dans le bureau de la Première ministre de l’époque Rose Christiane Ossouka Raponda. Loin de se montrer amnésique, le public se souvient encore du courage de cet homme que la machine municipale avait, là encore, broyé.
L'UDB sous pression
Pour l’UDB, majoritaire au Conseil municipal, il est question d’éviter que cette chaude explication ne se transforme en bataille de chiffonniers. La moindre querelle interne pourrait faire boule de neige et offrir du choux gras aux opposants. Le parti présidentiel doit donc choisir un candidat capable de porter la modernisation promise par le chef de l’État, sans rouvrir les blessures du passé. La capitale a besoin d’un maire intègre, travailleur et visionnaire.