tvplusafrique

Société

MICKOTO PEUT-IL NETTOYER L’ANUTTC ?

MICKOTO PEUT-IL NETTOYER L’ANUTTC ?
Depuis plusieurs années, la question foncière au Gabon donne le tournis aux Gabonais lésés, jetés à la rue ou poussés à vivre dans la peur.

Depuis plusieurs années, la question foncière au Gabon donne le tournis aux Gabonais lésés, jetés à la rue ou poussés à vivre dans la peur que demain tout s’efface. À la tête de cette machine à litiges est l’Agence Nationale de l’Urbanisme, des Travaux Topographiques et du Cadastre (ANUTTC), véritable État dans l’État, où la responsabilité semble avoir disparu. Le directeur général, Adelphe Gildas Mickoto, y est-il pour quelque chose ? Peut‑il redresser la barre avant que l’édifice ne s’effondre ?


Le drame du Cap Estérias (commune d’Akanda) survenu le 18 octobre 2025 a fait éclater au grand jour ce que bien des médias dénoncent : des achats‑ventes de terrains aux apparences légales, signés, tamponnés par l’ANUTTC, alors que des familles autochtones y vivaient depuis plusieurs générations. Certains dossiers parlent d’expropriations expresses, d’étrangers introduits, de papiers suspects validés sans que personne ne s’inquiète. On ne compte plus les cas de


« parcelle à plusieurs titres fonciers »


validés par l’ANUTTC, transformée en cour du roi Pétaud.


Lorsque l’on lit que l’agence a délivré 1 095 décisions de cession en 2024, cela laisse songeur : nombre, vitesse, pression. Mais derrière les chiffres, les récidives persistent. Pourquoi les agents véreux ne sont‑ils pas inquiétés ? Pourquoi l’impunité est‑elle totale ? On évoque des complicités dans les tribunaux de Libreville, des soutiens jusque dans des cabinets ministériels. Le personnel de l’ANUTTC semble agir comme s’il pouvait tout faire sans contrôle. Comme une pieuvre. Il savonne la planche des étrangers, déroule le tapis rouge à ceux qui peuvent acheter, au mépris des Gabonais.


Alors, Mickoto a‑t‑il les moyens de faire la différence ? Il a carte blanche, dispose certes d’un budget, d’un statut, de promesses de projets structurants comme à Cap Santa Clara. Mais faire face à un personnel incontrôlable, à des réseaux bien enracinés, peut-il redresser la barre ? Peut-il réussir ne fût-ce qu’un changement de façade?  Il faut enquêter, sanctionner réellement, couper les liens de complicité. Sans cela, toute mesure reste une peine perdue.


L’ANUTTC remettra‑t‑elle de l’ordre dans ses rangs ou continuera‑t‑elle à faire le lit aux étrangers, à affaiblir les Gabonais sur leurs propres terres ? Le directeur général est désormais dans le collimateur. Il ne suffit plus de faire porter le chapeau aux subalternes : l’heure est aux responsabilités. Avant qu’un drame encore plus grave ne survienne, il est urgent que la justice s’empare des dossiers en souffrance au tribunal de Libreville.


 


 

Par Pamphile EBO

Top Articles