UN RÉSULTAT TRUQUÉ
La tension est montée d’un cran dans le 1er siège du département de Ndolou, où Jean-François Ndongou, président de l’Assemblée nationale de la Transition et figure historique du Parti Démocratique Gabonais (PDG), a été proclamé vainqueur du second tour des élections législatives du 11 octobre 2025. Une victoire étriquée — 1 427 voix contre 1 399 pour sa rivale de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), Matsanga Mayila Mariam — soit 50,50 % contre 49,50 %. Un écart de 28 voix seulement qui s’est transformé en scandale dès la publication des résultats.
Dans une publication virale sur sa page Facebook, Mariam Matsanga Mayila crie à la fraude, dénonçant un « trucage des élections » avec la complicité de la Commission nationale d’organisation et de coordination des élections et du référendum (CNOCER). Selon elle, les preuves de fraudes s’accumulent, à commencer par des chiffres qui ne tiennent tout simplement pas la route.
« Une fois de plus, le peuple a voté, mais certains ont choisi de trahir la volonté populaire »
Cette trahison se manifeste selon elle à travers des chiffres incohérents :
« 1399 + 1427 = 2826, et non 2795 comme mentionné. Déjà ici, 31 voix disparaissent mystérieusement »
Des écarts qu’elle qualifie de trop importants pour être de simples erreurs.
Bourrage d’urne
« Le procès-verbal officiel mentionne un total de 2 795 suffrages exprimés. Or, en additionnant les voix obtenues par les deux candidats — 1 427 + 1 399 — on obtient 2 826, soit 31 de plus. En y ajoutant les 52 bulletins blancs, le total passe à 2 878, et non 2 837 comme mentionné dans le PV »
détaille-t-elle. Les soupçons s’accumulent aussi sur un possible bourrage d’urnes : le nombre d’enveloppes (2 847) dépasse le nombre d’émargements (2 837), soit 10 enveloppes de trop.
Face à cette accumulation d’anomalies, elle conclut :
« Ces incohérences prouvent que le procès-verbal est faux, et que les résultats proclamés sont sans aucune base réelle »
Elle accuse ainsi le CNOCER de valider un procès-verbal trafiqué, discréditant tout le processus électoral.
Matsanga Mayila Mariam voit une manœuvre menée avec des électeurs fantômes.
Ce scrutin contesté dans le 1er siège du département de Ndolou, risque d’entacher durablement la légitimité de cette législature. Une 5ᵉ République naissante qui, déjà, peine à faire oublier les pratiques d’un passé que beaucoup espéraient révolu.