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UN DÉFICIT BUDGÉTAIRE DE 15 %

UN DÉFICIT BUDGÉTAIRE DE 15 %
Une hausse des investissements de 570 % qui fait grise mine face aux capacités de financement du pays.

Le Gabon visé par Fitch pour son budget 2026 : un déficit jugé trop ambitieux. Le projet de loi de finances 2026 du Gabon, arrêté à 7 233,3 milliards de FCFA, ne fait pas l’unanimité. Il a même de quoi donner du fil à retordre aux autorités, tant il soulève de réserves. L’agence de notation Fitch Ratings a publié récemment une analyse peu reluisante, pointant du doigt un déficit budgétaire prévu à 15 % du PIB, jugé « irréaliste », et une hausse des investissements de 570 % qui fait grise mine face aux capacités de financement du pays.


En misant sur une croissance de 7,9 % en 2026, Libreville semble vouloir sortir de l’ornière à marche forcée. Mais Fitch se montre bien plus prudente, prévoyant une croissance réelle de seulement 2,6 %. Une différence abyssale qui interroge sur la viabilité des prévisions gouvernementales. Pour combler le besoin de financement de 3 213,3 milliards de FCFA, l’État mise sur une levée de fonds à 60 % sur le marché intérieur et à 40 % à l’international. Le problème est que le marché obligataire sous-régional est en dents de scie et ne semble pas capable d’absorber une telle pression.


L'autre question épineuse concerne la dette publique. Déjà élevée, elle pourrait atteindre 90 % du PIB, bien au-dessus du seuil de 70 % fixé par la BEAC. De quoi mettre le pays dans de sales draps, surtout si un nouvel accord avec le FMI ne voit pas le jour. Or, sans cet appui, difficile de rassurer les investisseurs et d’éviter une dégradation supplémentaire de la note souveraine déjà classée « CCC » — un niveau spéculatif qui broie du noir.


“ Les projections du PLF 2026 du Gabon manquent de réalisme. Un déficit public de 15 % du PIB, couplé à une hausse de 570 % des dépenses d’investissement, semble intenable, surtout dans un contexte de contraintes de financement et de baisse de la production pétrolière. Le scepticisme de Fitch Ratings est justifié, notamment face à l’endettement croissant et la dépendance à un marché obligataire régional déjà sous tension. Sans accord du FMI, la crédibilité budgétaire du Gabon et la stabilité macroéconomique sont fortement compromises”


souligne un enseignant de l’Institut National des Sciences de Gestion (INSG). 


Malgré une baisse attendue de la production pétrolière (-3 %), le gouvernement table sur une hausse de 36 % des recettes dans ce secteur, grâce notamment à l'intégration d’Assala Energy. Mais cette acquisition, financée par emprunt, alourdit encore la dette.


Face à cette équation difficile, le Gabon est pris à la gorge. L’économie nationale, dont le pétrole reste l’épine dorsale, traverse un passage à vide. Sortir de cette impasse ne sera pas une sinécure.


 

Par Pamphile EBO

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