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UN SCRUTIN SANS FRAUDE NI TRICHERIE

UN SCRUTIN SANS FRAUDE NI TRICHERIE
Pendant des années, le PDG surnommé "la machine", remportait des scores écrasants, parfois plus de 98 % des sièges au Parlement

Le Gabon s’apprête à vivre un véritable changement avec les élections législatives et locales prévues pour le 27 septembre 2025. Le mot d’ordre des organisateurs est d’organiser une élection sans fraude ni tricherie. Un objectif ambitieux, surtout dans un pays marqué par un lourd passé électoral.


Pendant des années, le Parti démocratique gabonais (PDG), surnommé "la machine", remportait des scores écrasants, parfois plus de 98 % des sièges au Parlement, malgré le choix du peuple. Les fraudes étaient multiples : bourrages d’urnes, achat de votes à la sortie des bureaux ou encore résultats incohérents où le nombre de votants dépassait celui des inscrits.


Mais cette fois, les choses semblent différentes. Pour la première fois depuis longtemps, le pouvoir ne semble plus assuré d'une victoire automatique.


Le dépouillement se fera sur place, devant tous les acteurs. Les procès-verbaux seront rédigés sur les lieux du vote et les urnes ne seront plus déplacées. L’Internet restera accessible, et les médias internationaux couvriront le scrutin. Les observateurs nationaux et internationaux sont invités à examiner tous les bureaux de vote sans limite. 


La Commission nationale d’organisation et de coordination des élections et du référendum (CNOCER), dirigée par le ministre de l’Intérieur, est composée principalement de techniciens, non de politiciens. Les partis n’ont pas été associés à son installation, mais plusieurs y voient un gage de neutralité.


De nombreux indépendants, souvent néophytes, se présentent et croient en leurs chances. Pour beaucoup de Gabonais, ces élections pourraient enfin refléter la volonté populaire.


Mais l’opposition et les candidats indépendants dénoncent déjà de « graves irrégularités ». Le parti Ensemble Pour le Gabon (EPG), dirigé par Alain Claude Bilie-By-Nze, a publié un communiqué alarmant ce 26 septembre. Il accuse le ministère de l’Intérieur d’avoir déplacé certains candidats dans des circonscriptions qui ne sont pas les leurs, et d’avoir modifié à la dernière minute les règles d’établissement des procurations. Des décisions jugées arbitraires et « lourdes de conséquences ». Même son de cloche du côté du Collectif des candidats indépendants de la diaspora. Réunis à Paris, neuf candidats dénoncent une circulaire du 25 septembre restreignant drastiquement l’accès aux procurations, privant ainsi des centaines de Gabonais de leur droit de vote. Ils pointent un « obstacle logistique insurmontable » pour les électeurs vivant en province, et craignent une « fraude massive organisée ». Le collectif exige la publication immédiate des listes des bureaux de vote et la mise en place de procurations électroniques.

Par Pamphile EBO

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