LA TENSION MONTE ENTRE MOUISSI ET MANFOUMBI
Dans la Dola, le thermomètre politique s’affole. Alors que dans plusieurs circonscriptions du pays, l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) et le Parti Démocratique Gabonais (PDG) ont fait le choix stratégique d’une sorte d’alliance, le duel au couteau entre Mays Mouissi et Yves-Fernand Manfoumbi fait notamment exception. Ici, pas de compromis, pas d’arrangement, mais un combat fratricide entre deux poids lourds, chacun décidé à faire la différence dans une bataille à mort politique.

D’un côté, Mays Mouissi, ministre de l’Environnement, jeune loup aux dents longues, secrétaire général de l’Union des bâtisseurs et figure montante du paysage politique national. Il rêve de faire le carton plein lors de ces législatives et ne cache pas ses ambitions. Il ne veut pas faire de quartier. Il appuie de tout son poids pour consolider son assise dans la Dola et, pourquoi pas, renverser la hiérarchie dans une circonscription longtemps acquise au PDG. Sa dernière démonstration de force avec une mobilisation monstre continue de susciter des commentaires dans la Dola et ailleurs.
De l’autre, Yves Fernand Manfoumbi, vieux briscard de la politique, ancien ministre du Commerce, député sortant, pétri d’expérience et solidement ancré dans le département. Pour lui, l’enjeu est vital. Il veut conserver un bastion historique et prouver que malgré la montée en puissance de l’UDB, le PDG n’a pas dit son dernier mot. Son dernier discours en langue locale devant une population conquise a électrisé la contrée
Alors, pourquoi cette exception dans la Dola ? Pourquoi cette confrontation directe, quand ailleurs les deux partis ont parfois opté pour la cohésion ? C’est que la Dola attire toutes les convoitises. Véritable carrefour politique du sud du Gabon, elle représente un symbole stratégique, autant pour le prestige que pour le pouvoir local. Et surtout, ici, aucun des deux camps ne veut céder de terrain. Chaque mètre politique est défendu bec et ongles.

Le duel s’annonce épique, presque personnel. L’un veut prouver qu’il n’est pas qu’un néophyte dans l’arène politique, mais bien un homme d’État capable de tenir la distance. L’autre, qu’il n’est pas qu’un représentant d’un parti affaibli, mais un leader local, fidèle à ses bases et toujours capable de déjouer les pronostics.
À quelques jours du 27 septembre 2025, la tension est à son paroxysme. Les électeurs, eux, oscillent. Certains saluent les promesses électorales – et parfois les résultats – de Mays Mouissi durant la transition. D’autres dénoncent un passé trouble, et pointent du doigt d’anciens engagements qui à l’épreuve des faits furent des mensonges cousus de fil blanc. À l’inverse, Manfoumbi conserve une popularité personnelle forte, mais il traîne le poids d’un parti qui suscite de la méfiance.
Dans cette bataille à tour unique, chaque voix comptera. Et si l’un parvient à renverser la vapeur, battre l’autre à plate couture, alors ce sera une victoire aux conséquences nationales.
Attention aux cardiaques, car ce qui se joue dans la Dola dépasse un simple siège à l’Assemblée nationale. C’est un bras de fer entre deux visions de l’avenir, deux générations, deux stratégies.