13 MILLIARDS DE FCFA VOLATILISÉS ?
La rentrée universitaire 2025-2026 fait grise mine. Deux ans après l’annonce en grande pompe d’un plan de 13 milliards de FCFA pour renforcer les universités publiques, les promesses peinent à se concrétiser. Entre retards de chantiers, projets abandonnés et conditions d’accueil précaires, les étudiants trinquent une fois de plus.
En 2023, le Chef de l’État gabonais avait débloqué cette enveloppe pour améliorer les infrastructures universitaires, colmater les brèches d’un système en crise et faire face à une explosion démographique estudiantine. Mais aujourd’hui, le constat est amer : le bilan est famélique et soulève de nombreuses interrogations.
À l’Université Omar-Bongo (UOB), censée accueillir près de 14 000 nouveaux bacheliers cette année, les travaux du nouveau bloc pédagogique sont à l’arrêt. Et ce, malgré une dotation de 3 milliards de FCFA affectée à ce projet. "Les instructions étaient claires", rappelle Steve Robert Renombo, secrétaire général de l’UOB. Pourtant, aucune salle n’a été livrée. Désemparés, les responsables expliquent que l’enveloppe était insuffisante. Une rallonge est demandée, mais le temps presse.
Même situation à l’Université des sciences et techniques de Masuku (USTM), où les travaux confiés à Mika-Service avancent en dents de scie. Pire encore, à l’École normale supérieure (ENS), le projet reste au point mort : aucun coup de pioche donné. Là, la soupe à la grimace est servie à volonté.
Seule l’Université des sciences de la santé (USS) semble tirer son épingle du jeu, avec des chantiers bien avancés. Mais cela suffit-il à apaiser les grincements de dents des milliers d’étudiants qui payent le lourd tribut de cette gestion chaotique ?
Pendant ce temps, des questions se posent : où sont passés les 13 milliards ? Un ancien membre du gouvernement avait été limogé en raison notamment de la gestion des fonds alloués à l'UOB. Certains évoquent une gestion opaque, voire des fonds volatilisés.
L’affaire défraie déjà la chronique et remet en surface la problématique de l'impunité qui perdure. Pour beaucoup, l’État tente aujourd’hui de colmater les brèches. Ce pavé jeté dans la mare universitaire pourrait bien entacher durablement la confiance entre autorités et communauté estudiantine.