“ENSEIGNANTS ENVOYÉS N'Y VONT PAS”
A l’Assemblée nationale de la Transition, ce 11 septembre 2025 la Commission des finances, du budget, de la comptabilité publique, des affaires économiques et de la production a auditionné la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq. Au cœur des échanges : le projet de loi de règlement pour les exercices budgétaires 2023 et 2024, notamment pour la mission 11 consacrée à l’Éducation nationale.
Devant des députés parfois sceptiques, la ministre a exposé les grandes lignes de l’exécution budgétaire, qui donne une impression de parent pauvre de l’administration. Si l’année 2023 affiche un taux d’exécution de 54 % pour le budget d’investissement, 2024 montre une chute inquiétante à seulement 12 %. Un recul significatif qui reflète un secteur en panne.
Parmi les points en suspens, les écoles provinciales en grise mine ont cristallisé les critiques. Plusieurs parlementaires ont dénoncé le délabrement avancé de ces établissements, véritables symboles d’un système éducatif au creux de la vague.
« Il faut aller voir les établissements qui sont à l'intérieur du pays. L'école rurale se meurt parce que les enseignants qu'on y a certains n'y vont pas, parce qu'ils ne trouvent pas leur compte »
a déploré Jean Paulin Ekoua Sima députée de la Transition, pointant du doigt le désengagement des enseignants et des conditions de travail peu attrayantes en brousse.
Face à cette réalité, Camélia Ntoutoume Leclercq a reconnu les faiblesses du dispositif. Elle a indiqué que des efforts seront entrepris en 2025, en collaboration avec le ministère du Budget, pour étoffer les moyens et améliorer l’efficacité des dépenses. Une tentative de voir enfin le bout du tunnel, même si les promesses devront, cette fois, être suivies d’effets.
La représentation nationale, quant à elle, entend bien avoir son mot à dire sur la suite des opérations. Car au fil des années, de fil en aiguille, l’Éducation nationale semble être en perte de vitesse, accumulant retards, promesses non tenues et objectifs non atteints.
Alors que la jeunesse attend une bouffée d’oxygène, le secteur éducatif espère qu’une réelle volonté politique viendra enfin voler à son secours.