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INTRUSION D’ÉLÉPHANTS

INTRUSION D’ÉLÉPHANTS
Des éléphants ont réussi à s’introduire dans un périmètre pourtant censé les tenir à l’écart.

Depuis plusieurs jours, la communauté de Simintang, située dans l’Ogooué-Ivindo, dans une zone agricole protégée au Gabon, fait face à une situation préoccupante : des éléphants ont réussi à s’introduire dans un périmètre pourtant censé les tenir à l’écart. Ces incursions mettent en péril les cultures et soulèvent de vives tensions chez les habitants.


Érigé il y a une dizaine d’années par le ministère des Eaux et Forêts et l’Agence nationale des parcs nationaux, le périmètre agricole de Simintang.


est protégé par une clôture électrique longue de 7 kilomètres. À l’origine, cette infrastructure visait à atténuer le conflit homme-faune, notamment les dégâts causés par les éléphants. Mais malgré ces mesures, les pachydermes ont trouvé un moyen de franchir la barrière.


« Ils ont cassé le fil électrique avec leur force »


raconte un habitant à des confrères. Deux éléphants se seraient ainsi infiltrés à travers une brèche. Les dégâts sont importants : des cultures de bananes, presque prêtes à être récoltées, ont été piétinées. Dans la confusion, une battue a été rapidement organisée par des pisteurs volontaires. Dimanche dernier, deux éléphants ont été abattus dans l’enceinte du périmètre.


En l’absence d’agents officiels sur le terrain, ce sont les habitants eux-mêmes qui ont assuré la sécurité, parfois avec beaucoup de risques.


« Ce que j’ai vécu là-bas, je ne veux plus y retourner »


confie l’un d’eux.


Une polémique entoure désormais l’abattage des éléphants. Selon la législation gabonaise, l’espèce est intégralement protégée. Le décret 040 interdit sa chasse, sauf en cas de légitime défense avérée. Dans ce cadre, les populations peuvent organiser une battue, mais elles doivent ensuite remettre les ivoires et déclarer l’incident aux autorités. Toute chasse non autorisée est passible de lourdes peines, allant jusqu’à 50 millions de francs CFA d’amende et deux ans de prison.


Alors que les tensions sont palpables à Simintang, les autorités tentent de reprendre le contrôle de la situation. Une équipe de journalistes a été expulsée du site par un commandant des Eaux et Forêts, sous prétexte d’absence d’autorisation de tournage.


Dans ce sanctuaire naturel qu’est le Gabon, qui abrite plus de la moitié des éléphants de forêt du monde, l’équilibre entre protection de la faune et sécurité des populations reste fragile.


 


 

Par Pamphile EBO

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