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DÉFICIT DE 42 000 TABLES-BANCS

DÉFICIT DE 42 000 TABLES-BANCS
Le système éducatif gabonais tente de se relever d’une longue traversée du désert.

Le système éducatif gabonais tente de se relever d’une longue traversée du désert. En cette rentrée scolaire, marquée par des défis persistants, le ministère de l’Éducation nationale a pris le taureau par les cornes en lançant officiellement l’opération de distribution des tables-bancs, en vue d’alléger une situation devenue critique.


La première étape de cette opération s’est tenue au complexe scolaire Raymond Bouka. Camélia Ntoutoume Leclercq, ministre de l’Éducation nationale, a procédé à une première dotation symbolique : 100 tables-bancs livrées, couvrant quatre classes autrefois laissées à l’abandon matériel.


“Il faut retenir que l'éducation nationale a un déficit de 42000 tables bancs sur le territoire”


a déclaré Camélia Ntoutoume Leclerq


Ce déficit national de 42 000 tables-bancs, continue de donner du fil à retordre aux établissements scolaires du pays.


Depuis plusieurs années, l’école gabonaise traverse un passage à vide, entre vétusté des infrastructures, effectifs croissants et moyens matériels limités. Le manque de mobilier scolaire a plongé certains établissements dans une mauvaise passe, où élèves et enseignants doivent faire preuve d’imagination pour maintenir un semblant de pédagogie. Les salles de classe transformées en lieux de fortune, où certains élèves restent debout ou s’assoient à même le sol, illustrent un système éducatif à deux vitesses, où les zones rurales ou périphériques semblent reléguées au second plan.


Ce déficit de mobilier n’est pas seulement un problème logistique ; il est devenu une équation difficile à résoudre, avec des répercussions directes sur la qualité de l’enseignement, l’assiduité et même le taux de réussite. Face à cette déconvenue, le gouvernement, par la voix de sa ministre, a annoncé une distribution progressive des tables-bancs, prévue jusqu’en décembre 2025. Une démarche rendue nécessaire par la production locale en flux tendu, mais qui reste insuffisante pour répondre immédiatement aux besoins des plus de 49 000 élèves de sixième attendus cette année. 


“L'absence de 42 000 tables-bancs au Gabon nuit gravement à la qualité de l’enseignement. Elle perturbe l’organisation des cours, en forçant certains élèves à rester debout ou à s’asseoir à même le sol. Par ailleurs, cette situation compromet la concentration et l’apprentissage, créant un environnement peu propice à l’éducation.Elle accentue enfin les inégalités entre établissements, certains étant mieux équipés que d’autres. Ce qui en plus aggrave les disparités dans l’accès à un enseignement de qualité”


souligne un enseignant de la faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Omar Bongo (UOB). 


Les établissements, pris à la gorge, font de leur mieux pour accueillir les élèves dans la dignité. Toutefois, les efforts déployés ne suffisent pas à faire oublier les sales draps dans lesquels se trouve une partie du système éducatif gabonais. 

Par Pamphile EBO

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