25 À 30 GIGAWATTS D’ÉNERGIE
Face à l’ambitieux projet de transformation locale des ressources minières annoncé par le Chef de l’État, le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, a exposé une feuille de route énergétique aussi stratégique qu’urgente au cours d'une intervention liée aux 100 jours du nouveau gouvernement. Le pays devra produire entre 25 et 30 gigawatts d’énergie, un volume colossal qui dépasse largement les capacités actuelles du Gabon.
Deux grandes orientations sont à l’étude, selon le ministre. La première s’appuie sur le développement de l’hydroélectricité. Plusieurs barrages sont déjà en projet ou en cours de réévaluation. Parmi eux, le barrage de Tsengue-Leledi dans l’Ogooué-Ivindo, avec un potentiel de 600 mégawatts, et celui de Booué-Centre, estimé à 400 mégawatts. À cela s’ajoute le barrage des Chutes de l’Impératrice, situé sur la rivière Ngounié près de Fougamou. Ce dernier est en cours de réalisation, mais a été ralenti par des problèmes de coordination entre partenaires et des blocages contractuels que le ministère s’emploie à résoudre.
Toutefois, même une fois opérationnels, ces ouvrages ne couvriront qu’une fraction des besoins.
« Booué, c’est hier »
a lancé le ministre avec réalisme, soulignant que ces infrastructures ne permettront jamais à elles seules d’atteindre les 25 GW nécessaires.
La seconde solution repose sur le gaz naturel, dont le Gabon possède d’importantes réserves, à la fois onshore et offshore. Des campagnes sismiques sont en cours pour évaluer le potentiel exact, notamment autour de Nyonié, Gamba, Port-Gentil, Batanga et Mayumba. Certaines zones comme Rabi-Kounga, Coucal ou Avocette disposent de gaz associé actuellement gaspillé dans les torchères.
L’idée avancée par le ministère est de créer un corridor énergétique côtier, avec des centrales à gaz implantées le long du littoral. Mais une question de logistique cruciale reste posée : faut-il transporter le gaz vers l’intérieur du pays pour y implanter les unités industrielles, ou déplacer les minerais vers la côte pour les transformer sur place ?
Les ingénieurs du ministère de l’Énergie et ceux de la Société d’Énergie du Gabon planchent activement sur cette problématique. Leur mission : identifier la solution la plus pragmatique et économiquement viable pour assurer la transformation locale des minerais sans compromettre l’accès à l’électricité pour les populations.