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ÉCARTÉES AU PROFIT D’AUTRES

ÉCARTÉES AU PROFIT D’AUTRES
le Professeur Marcelle Ibinga Itsitsa, est récemment sortie de son silence pour répondre aux nombreuses interrogations et critiques autour des lenteurs observées dans la régularisation de la situation administrative.

La ministre de la Fonction publique, le Professeur Marcelle Ibinga Itsitsa, est récemment sortie de son silence pour répondre aux nombreuses interrogations et critiques autour des lenteurs observées dans la régularisation de la situation administrative des nouveaux agents de l’État, notamment ceux ayant réussi les concours. Lors d'une intervention liée aux 100 premiers jours du gouvernement, elle a tenu à éclairer l’opinion sur le rôle exact de son département dans le processus de mise en solde et sur les dérives constatées dans certaines procédures.


La ministre a d’abord tenu à rappeler que


« pour qu’un ministère organise un concours, il doit absolument se référer à la Fonction publique »


soulignant que son ministère délivre l’autorisation préalable à toute organisation de concours administratif. Cette étape est coordonnée avec le ministère du Budget, garant de la disponibilité effective des postes budgétaires. Ainsi, l'organisation de concours ne peut en aucun cas se faire de manière unilatérale.


Cependant, la réalité semble montrer un certain dysfonctionnement dans la chaîne administrative. Des « cuvées » entières d'agents admis aux concours se retrouvent à attendre des mois, voire des années, avant d’être mis en solde. À ce sujet, le professeur Ibinga Itsitsa a donné son avis :


« La mise en solde, c’est encore un autre problème »


Elle a expliqué que la lenteur souvent reprochée à son ministère est en réalité liée au processus en amont.


 


“ J’ai envoyé un courrier à tous mes collègues pour que les listings des mises en solde ne soient plus envoyés par les directeurs centraux des ressources humaines “


 


Ce processus, selon elle, commence par un cadrage budgétaire réalisé par le ministère du Budget, qui détermine combien d’agents peuvent être mis en solde sur une période donnée. Ensuite, les ministères sectoriels sont censés envoyer tous les cinq mois un listing des agents à mettre en solde. Ce document est transmis au ministère de la Fonction publique, qui le transfère ensuite à la Solde.


Mais ici encore, des dysfonctionnements ont été observés.


« J’ai envoyé un courrier à tous mes collègues pour que les listings des mises en solde ne soient plus envoyés par les directeurs centraux des ressources humaines (DCRH) »


a confié la ministre. Désormais, elle exige que


« les ministres eux-mêmes [lui] écrivent »


pour éviter les dérives. Cette décision fait suite à des cas avérés de manquements ou de manipulations dans la transmission des informations.


 


“Si des agents doivent être mis en solde, il ne faut pas qu’on passe par des moyens dérobés”


Ces dérives, selon la ministre, nuisent à la transparence et à la crédibilité de l’administration publique. Elle a reconnu que certaines personnes autorisées à être mises en solde se retrouvent écartées au profit d’autres qui ne remplissent pas les critères ou ne sont pas encore prioritaires.


« Si des agents doivent être mis en solde, il ne faut pas qu’on passe par des moyens dérobés »


a-t-elle fermement déclaré.


Enfin, la ministre a souligné que le chef de l’État lui-même appelle à une administration plus rigoureuse, éthique et loyale. Un audit des pratiques des DCRH est en cours, et une réorganisation semble inévitable. Le mot d’ordre est : rétablir l’ordre, corriger les irrégularités et s’assurer que le processus de mise en solde respecte scrupuleusement les règles établies.


Ce cri de vérité sonne comme un appel à la réforme. Pour les nombreux agents en attente de leur mise en solde, les mots de la ministre sont une promesse de changement, mais ils attendent surtout des actes.


 

Par Pamphile EBO

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