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C'EST PRIVILÉGIER L'ENDETTEMENT EN FRANC CFA

C'EST PRIVILÉGIER L'ENDETTEMENT EN FRANC CFA
Selon lui, ce qui compte avant tout pour les financiers, c’est le « cercle de la dette », c’est-à-dire la capacité réelle de l’État à honorer ses échéances.

Lors d’une intervention, Henri Claude Oyima s’est exprimé sans détour sur la question sensible de la dette publique gabonaise. Alors que le pays affiche une dette cumulée, intérieure et extérieure, dépassant les 7 000 milliards de francs CFA, des interrogations légitimes émergent quant à la soutenabilité d’un tel niveau d’endettement, surtout à l’aube d’un plan économique ambitieux.


Interrogé sur la capacité du Gabon à faire face à ses engagements financiers, Oyima a tenu à recadrer le débat :


« Donner un chiffre comme ça de manière absolue n’a aucun sens, au niveau de la dette » 


Selon lui, ce qui compte avant tout pour les financiers, c’est le « cercle de la dette », c’est-à-dire la capacité réelle de l’État à honorer ses échéances.


À la question directe :


« Le Gabon est-il capable de payer sa dette ? »


Henri Claude Oyima répond sans hésiter :


« La réponse est oui »


Il détaille ensuite la stratégie mise en place pour garantir la soutenabilité de la dette : une politique d’endettement plus prudente et plus maîtrisée.


« Aujourd’hui, nous privilégions l’endettement en CFA, avec tout l’intérêt que nous puissions mieux maîtriser »


explique-t-il, pointant du doigt la dépendance passée vis-à-vis des emprunts extérieurs.


Cette nouvelle approche repose sur quatre piliers fondamentaux :




  1. Privilégier l’endettement en franc CFA, pour réduire les risques de change.




  2. Favoriser les durées de financement à moyen et long terme, pour alléger les pressions à court terme.




  3. Surveiller attentivement le niveau des taux d’intérêt, pour ne pas alourdir inutilement la charge de la dette.




  4. Tenir compte de la période de différé, pour optimiser le remboursement.




« Lorsque nous avons ces trois éléments, plus la période de différé, ça fait quatre, on a la soutenabilité aujourd’hui qui nous permet de nous endetter »


a-t-il précisé.


Enfin, sur la possibilité de voir la dette diminuer à court, moyen ou long terme, Henri Claude Oyima reste prudent. Il estime que ce raisonnement est insuffisant pour répondre aux défis actuels.


« Se raisonner de cette manière n’apportera pas de solution à nos problèmes. Ce qui nous importe, c’est de savoir si on s’endette pour créer de la richesse »


a-t-il annoncé. Il a mis en lumière l’importance d’un endettement productif plutôt que strictement comptable.





Par Pamphile EBO

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